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vendredi 23 novembre 2007

LES PORTES (12) : PORTE DES PARQUES


Une suite de textes écrits et structurés à partir de la série de tableaux "Les Portes" peints par Chris Bourgue

Pourquoi trois morceaux de bois? demande la fillette. Pourquoi un rouet? Pourquoi une aiguille et un fil? Pourquoi faut-il que les aiguilles piquent, pourquoi faut-il que les fils se cassent?
Pourquoi sont-elles trois ?
La fillette sourit à ses murs roses, frotte sa tête au crépi comme un chaton, et pose toujours de nouvelles questions. Pourquoi trois et pourquoi trois âges, pourquoi l’énigme du Sphinx, pourquoi n’ont-elles pas la même taille, laquelle est la dernière, la plus petite, tout au bout? Est-ce la jeune fille à grandir, ou la vieille qui se courbe? Laquelle des trois coupe le fil? Laquelle des trois ouvre la porte?
La quatrième, forcément.
C’est toi qui ouvres la porte.

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mardi 20 novembre 2007

LES PORTES (9) : PORTE DU LABYRINTHE


Une suite de textes écrits et structurés à partir de la série de tableaux "Les Portes" peints par Chris Bourgue

Car les tons s’adoucissent, les cieux se referment, la porte était un leurre. Tous les taureaux, même solaires, même divins, finissent dans un Labyrinthe à se demander à quoi peut bien servir une porte.
Une porte pour les nourrir, de sang et de beauté, d’air pur, d’extérieur, de danger. Une porte pour la compagnie et pour l’espoir.
Une porte pour le fil du souvenir qui nous rattache au monde. Le même qui se noue au héros et au monstre.
Car c’est un fil qui ouvre toutes les portes, crochète et relie. La porte n’est qu’un jalon du chemin.

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lundi 19 novembre 2007

LES PORTES (8) : PORTE DU SUD


Une suite de textes écrits et structurés à partir de la série de tableaux "Les Portes" peints par Chris Bourgue

Le Sud, c’est l’envers de la boussole. Les repères s’y noient de couleurs, les avions s’y perdent dans la mer.
Les étoiles ne savent plus quels signes elles dessinent, ne savent plus si elles sont d’astres ou de mers.
Le Sud est un ciel, un désert, l’aura de la chaleur des corps, une croix rouge sur la carte du trésor.
Le Sud est une borne et un aimant. Le Sud est rouge comme la cape du matador, et nous sommes tous des taureaux, nous nous jetons à sa tête, nous sortons du cadre, nous changeons de gravité. Le Sud nous aveugle et il est trop tard.