J’essuie la bave au coin de son bec. Ça ne sert pas à grand chose, je le sais bien. Ses plumes sont en si mauvais état de toute façon qu’un peu de salive ne change pas grand chose.
Si elles étaient sèches, peut-être qu’il pourrait voler. Non. Si elles étaient sèches, et entières, et s’il n’en avait pas perdu des dizaines cette année… Il ne volera plus jamais, je le sais bien.
« Tu devrais engager quelqu’un pour s’occuper de lui. Ou le confier à un asile. »
Ils savent bien que ce n’est pas possible. Depuis qu’il a perdu la vue, il ne laisse plus personne l’approcher. Personne d’autre que moi. Il connaît si bien mon odeur qu’il arrive encore à l’identifier, après tout ce temps. Et il est encore dangereux : son bec peut toujours percer un oeil, ses sabots fracasser un crâne.
« Alors tu devrais le faire piquer. Dans son propre intérêt. Il est aveugle, cloué au sol, pourquoi s’acharner ? »
S’acharner. Ils ont peut-être raison. Peut-être que ce n’est pas dans son propre intérêt, mais dans le mien.
J’entoure son cou de mes bras, je plonge mon nez dans ses plumes, et il se laisse faire, avec un petit cri rauque. Ce n’est pas son odeur de bête malade que je sens, ce n’est sans doute pas la mienne qu’il perçoit non plus.
Mais celle de l’homme que nous avons perdu tous les deux.
Alors j’essuie la bac au coin de son bec, et je ne le tue pas.
Ce serait perdre Sirius une nouvelle fois.
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samedi 6 octobre 2018
samedi 18 décembre 2010
GEEK MUM
Je soupçonnais depuis ma grossesse qu'on pouvait être enceinte et rester geek, à preuve plusieurs articles de Think Geek que j'avais hésité à acheter.
A présent que le Glapiot est là, je découvre la merveilleuse communauté des "Geek Moms".
Vous pouvez par exemple y comptabiliser les "Top 25 Ways You Know You’re A GeekMom" *.
Bien sûr, le Crapion est trop jeune pour que je puisse vérifier la plupart de ces constats mais nous avons d'ores et déjà :
#16 rearrange the kid’s extracurricular activities around your role-playing game schedule.*
#23 sing lullabies in Elvish.*
Je ne doute absolument pas que dans un futur plus ou moins proche, nous :
#5 drag the family out of bed at 2AM to watch a lunar eclipse.*
#12 As soon as a new book came out, would send the children to bed early so you could get a head start on Harry Potter…* même si ce sera pour un autre livre, tous les tomes de Harry Potter étant déjà sortis… à moins que, compte tenu du récent et spectaculaire hint donné par JKR…
et peut-être même :
#11 expect the child to know as many digits of pi as their age…* même si c'est un peu problématique, car je n'en connais moi même que 30…
En tout cas j'espère bien que celle-ci se vérifiera :
#25 Your children think this is all normal.*
De plus, ce qui contribue indéniablement à faire de moi une "geek mum", j'ai déjà, par ordre chronologique :
- lu Le Seigneur des Anneaux à haute voix au Pataton-dans-mon-ventre, conformément à la tradition familiale inaugurée par ma mère (même si je ne l'ai pas fini avant sa naissance, soyons précis, je n'ai lu que les trois premiers livres, donc très exactement la moitié)
- pesté en apprenant que la connexion Internet de la maternité était en panne : comment allais-je pouvoir jouer à Echo Bazaar ?
- allaité devant l'ordinateur (en jouant à Echo Bazaar, par exemple)
- laissé le Glapiot jouer avec la souris (enfin, ça, c'est surtout le Geek Dad qui l'a fait) et avec une tasse à café… vide, je vous rassure (toujours le Geek Dad, moi je bois du thé)(il joue aussi avec mes tasses à thé, ceci dit, mais ça sonne moins geek).
C'est donc une grande et amusante aventure qui commence, et une toute nouvelle série de posts sur ce blog… moins poétiques, certes, mais… mais, et je reviens là à un registre plus sérieux, tout aussi juste, tout aussi moi. Car comme nous l'avons souvent évoqué avec Lucie, nous sommes des mosaïques d'identités. Je suis certes écrivante, rêveuse, littéraire, mais je suis aussi geek, et aussi une maman, à présent, et aussi une "geek mom", ce qui est un peu plus que la somme des deux.
--------------------------
* maintenant que je sais que Titi lit ce blog, je traduis l'anglais : les 25 raisons principales prouvant que vous êtes une Maman Geek.
#16 réorganisé les activités extrascolaires de votre enfant en fonction de votre planning de JdR (d'accord, pour l'instant, TOUTES ses activités sont extra-scolaires)
#23 chanté des berceuses en elfique
#5 tirerons la famille du lit à 2 heures du mat' pour observer une éclipse de lune
#12 à la sortie de chaque nouveau tome de Harry Potter, enverrons les enfants au lit plus tôt pour pouvoir commencer à lire. Et si vraiment ça ne marche pas, je commencerai à le leur lire à haute voix, na !
#11 attendrons du pauvre Loupiot qu'il connaisse autant de décimales de pi que son âge (en années, soyons sympas)
#25 Vos enfants pensent que toutes ces choses sont normales…
A présent que le Glapiot est là, je découvre la merveilleuse communauté des "Geek Moms".
Vous pouvez par exemple y comptabiliser les "Top 25 Ways You Know You’re A GeekMom" *.
Bien sûr, le Crapion est trop jeune pour que je puisse vérifier la plupart de ces constats mais nous avons d'ores et déjà :
#16 rearrange the kid’s extracurricular activities around your role-playing game schedule.*
#23 sing lullabies in Elvish.*
Je ne doute absolument pas que dans un futur plus ou moins proche, nous :
#5 drag the family out of bed at 2AM to watch a lunar eclipse.*
#12 As soon as a new book came out, would send the children to bed early so you could get a head start on Harry Potter…* même si ce sera pour un autre livre, tous les tomes de Harry Potter étant déjà sortis… à moins que, compte tenu du récent et spectaculaire hint donné par JKR…
et peut-être même :
#11 expect the child to know as many digits of pi as their age…* même si c'est un peu problématique, car je n'en connais moi même que 30…
En tout cas j'espère bien que celle-ci se vérifiera :
#25 Your children think this is all normal.*
De plus, ce qui contribue indéniablement à faire de moi une "geek mum", j'ai déjà, par ordre chronologique :
- lu Le Seigneur des Anneaux à haute voix au Pataton-dans-mon-ventre, conformément à la tradition familiale inaugurée par ma mère (même si je ne l'ai pas fini avant sa naissance, soyons précis, je n'ai lu que les trois premiers livres, donc très exactement la moitié)
- pesté en apprenant que la connexion Internet de la maternité était en panne : comment allais-je pouvoir jouer à Echo Bazaar ?
- allaité devant l'ordinateur (en jouant à Echo Bazaar, par exemple)
- laissé le Glapiot jouer avec la souris (enfin, ça, c'est surtout le Geek Dad qui l'a fait) et avec une tasse à café… vide, je vous rassure (toujours le Geek Dad, moi je bois du thé)(il joue aussi avec mes tasses à thé, ceci dit, mais ça sonne moins geek).
C'est donc une grande et amusante aventure qui commence, et une toute nouvelle série de posts sur ce blog… moins poétiques, certes, mais… mais, et je reviens là à un registre plus sérieux, tout aussi juste, tout aussi moi. Car comme nous l'avons souvent évoqué avec Lucie, nous sommes des mosaïques d'identités. Je suis certes écrivante, rêveuse, littéraire, mais je suis aussi geek, et aussi une maman, à présent, et aussi une "geek mom", ce qui est un peu plus que la somme des deux.
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* maintenant que je sais que Titi lit ce blog, je traduis l'anglais : les 25 raisons principales prouvant que vous êtes une Maman Geek.
#16 réorganisé les activités extrascolaires de votre enfant en fonction de votre planning de JdR (d'accord, pour l'instant, TOUTES ses activités sont extra-scolaires)
#23 chanté des berceuses en elfique
#5 tirerons la famille du lit à 2 heures du mat' pour observer une éclipse de lune
#12 à la sortie de chaque nouveau tome de Harry Potter, enverrons les enfants au lit plus tôt pour pouvoir commencer à lire. Et si vraiment ça ne marche pas, je commencerai à le leur lire à haute voix, na !
#11 attendrons du pauvre Loupiot qu'il connaisse autant de décimales de pi que son âge (en années, soyons sympas)
#25 Vos enfants pensent que toutes ces choses sont normales…
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samedi 21 août 2010
UNE LEÇON DE DÉFENSE CONTRE LES FORCES DU MAL
Certains d'entre vous savent que c'est la matière que j'aurais vraiment voulu enseigner… A défaut, je me contente de la Littérature, qui a malgré tout quelques points communs avec la D.C.F.M.
Voici donc un de ces cours…
Nous abordons dans ce chapitre le cœur même de la Défense contre les Forces du Mal. Malheureusement, il s’agit aussi de la part la plus difficile à enseigner.
Au niveau le plus fondamental, la Défense puise dans vos ressources intérieures, dans votre cœur, votre courage, la confiance et la joie que vous abritez en vous. C’est ce qui explique que les réussites dans cette branche particulière de la magie ne reposent pas seulement sur les talents que vous utilisez par ailleurs. C’est ce qui explique que de brillants sorciers comme Bridget Wenlock(1) aient été si désemparés face aux forces des Ténèbres, et à l’inverse, que Bod Owens(2), toujours maladroit avec les Potions et incapable de maîtriser tout sortilège plus complexe qu’un maléfice d’Entrave ait pu sortir vivant et sain d’esprit de la Nécropole du Sleer et en rapporter les artefacts alors que maints sorciers et sorcières plus expérimentés avaient fui, péri ou sombré dans la folie.
Ces forces intérieures ne s’enseignent pas. Mais elles peuvent être identifiées, apprivoisées, renforcées, développées, et, en partie, expliquées.
(1) Bridget Wenlock (1202-1285) Célèbre Arithmancienne. Première à établir les propriétés magiques du chiffre 7.
(2) Dont l’écrivain Moldu (?) Neil Gaiman a relaté l’histoire de façon hautement fantaisiste dans The Graveyard Book (L’Etrange Histoire de Nobody Owens).
LEÇON 1 : RECONNAÎTRE LES TÉNÈBRES
À ce stade de votre apprentissage, vous devez déjà avoir compris combien il importe de connaître son ennemi, d’être capable de le reconnaître en toutes circonstances, d’identifier et d’exploiter ses faiblesses. Mais comment connaître les Ténèbres elles-mêmes ?
À quoi reconnaît-on leur empreinte ? Dans quelles situations leur est-on le plus vulnérable ? Quelles faiblesses peuvent-elles bien avoir ?
Certains parmi vous hochent la tête et murmurent : Elles n’en ont pas, c’est même exactement le contraire, elles exploitent les nôtres.
Ceux-là sont sages, mais pas assez. Si les Ténèbres exploitent nos faiblesses – et ce prémice est entièrement et profondément vrai – c’est qu’elles en ont besoin, qu’elles s’appuient sur nos failles pour exercer leur pouvoir. Qu’elles sont vulnérables à nos forces.
Exercice pratique
ATTENTION : EN AUCUN CAS CET EXERCICE NE DOIT ETRE PRATIQUÉ AVEC DES PERSONNES SOUFFRANT D’UNE FAIBLESSE CARDIAQUE OU AYANT RECEMMENT SUBI UN CHOC ÉMOTIONNEL. L’AUTEUR ET L’EDITEUR DÉCLINENT TOUTE RESPONSABILITÉ SI UN ACCIDENT SURVENAIT DANS CE CAS.
Si vous n’êtes pas en mesure de jeter les sortilèges indiqués en note et si personne dans votre entourage ne peut vous y aider, vous pouvez vous en remettre à des moyens non-magiques. Ignorez les notes, baissez les lumières, concentrez-vous, fermez les yeux s’il le faut et faites appel à votre imagination.
D’un coup, les lumières s’éteignent.(3) Sans grésiller, sans trembler ni fléchir : elles étaient, et elles ne sont plus, comme si le souffle d’un géant les avait anéanties.
Mais vous n’êtes pas seul dans la pièce. Vous entendez (NOM DU PROCHE) s’agiter près de vous, vous sentez sa chaleur, sa respiration qui s’accélère, il/elle semble encore plus terrifié que vous.(4)
Puis vous ne le sentez plus, ne l’entendez plus. Vous l’appelez, mais en vain. Il/elle n’a pas crié. A-t-il/elle été muselé sans bruit ? Est-il/elle tombé sans un cri, assommé ou…(5)
A présent, vous êtes seul. Vous faites quelques pas précipités vers l’arme la plus proche, votre baguette, le couteau avec lequel vous peliez les légumes, le lourd vase de Tante Harriet… Il n’est pas la. Vous butez contre un obstacle inattendu. Vos mains tâtonnent, affolées. Elles ne reconnaissent rien. Vous n’êtes plus chez vous, mais dans un lieu inconnu.(6) Voila pourquoi vous n’entendez plus (NOM DU PROCHE). Ce n’est pas lui/elle qui a disparu : c’est vous. C’est vous qui avez été arraché de son côté.
Vous laissez échapper un cri. Ou vos lèvres s’ouvrent, mais un souffle seul s’en échappe, inaudible. Aucun son ne retentit plus autour de vous.(7)
Vous avancez malgré tout dans votre prison de silence et de nuit, à tâtons frénétiques, et c’est alors que vous commencez à le sentir. Juste un frisson qui hérisse vos poils puis le froid monte et se répand, insidieux, dans vos membres, suintant de l’air, glaçant votre échine, et vous tremblez, sans savoir si c’est de froid ou de terreur.(8)
De la lumière, de la lumière, marmonnez-vous, criez-vous, incantez-vous sans bruit, et les Puissances doivent vous être favorables, car en effet les ténèbres semblent se dissiper un peu, et vous distinguez… vos propres mains blêmes, agitées de tremblements, trempées de sueur… des formes sombres et immobiles, un mince rai grisâtre, un interstice, une issue… et une silhouette(9) confusément s’y dessine et s’ébranle et glisse vers vous…(10)
Prenez quelques instants pour reprendre vos esprits. Respirez profondément. Regardez autour de vous : la lumière est revenue, vous êtes chez vous. Vous n’en avez jamais bougé.(11)
Maintenant, réfléchissez. Pourquoi avez-vous eu peur ?
Dix causes de peur sont survenues dans cette expérience. Efforcez-vous de toutes les identifier et notez-les ci-dessous.
Puis classez-les (en 1 celle qui vous a le plus effrayé).
Si vous en trouvez moins de six, vous vous êtes tant laissé déborder par vos émotions que vous n’arrivez pas à prendre de recul.
Cette capacité est importante pour la Défense contre les Forces du Mal. Malheureusement, il vous faut donc renouveler l’expérience jusqu'à ce que vous parveniez à identifier au moins six causes de peur.
Ce sera plus facile la deuxième fois. Il s’agit même d’une des raisons d’être de cet enseignement : on combat plus aisément les peurs déjà rencontrées.
Vous pouvez m'envoyer votre liste en commentaire ou par mail…
(3) Un sortilege de Nuit suffit. Vous pouvez y ajouter un effet sonore de Souffle.
(4) Soit une solution de Senteffroi à diffuser soit un sortilège d’illusion
(5) S’il y a réellement d’autres personnes (par exemple si vous entrainez plusieurs élèves en même temps), des Murs Sensoriels seront nécessaires à ce stade pour les séparer.
(6) Un sortilège de Confusion devrait suffire. Je déconseille de recourir aux grands moyens (Portoloin, Transplanage imposé). Au pire, des illusions tactiles peuvent renforcer la Confusion.
(7) Simple sortilège de Silence
(8) Simple sortilège de Caillegèle
(9) Encore un sortilège d’illusion – attention : il doit être suffisamment précis et bien ciblé pour passer outre à la Nuit magique. Si vous n’y parvenez pas, ou si vous entrainez plusieurs élèves simultanément, il faut lancer un sort de Voile d’Ombre puis lever le sortilège de Nuit avant de créer l’illusion de la silhouette. Il n’est pas recommandé, à ce stade, d’utiliser un Epouvantard. Ils feront l’objet d’un autre exercice pratique.
(10) Finite Incantatem.
(11) En cas d’élève particulièrement paniqué et ne parvenant pas à reprendre ses esprits, voir Remèdes d’urgence contre le Choc Emotionnel
CORRECTION ET SUITE DU COURS A VENIR
Voici donc un de ces cours…
Nous abordons dans ce chapitre le cœur même de la Défense contre les Forces du Mal. Malheureusement, il s’agit aussi de la part la plus difficile à enseigner.
Au niveau le plus fondamental, la Défense puise dans vos ressources intérieures, dans votre cœur, votre courage, la confiance et la joie que vous abritez en vous. C’est ce qui explique que les réussites dans cette branche particulière de la magie ne reposent pas seulement sur les talents que vous utilisez par ailleurs. C’est ce qui explique que de brillants sorciers comme Bridget Wenlock(1) aient été si désemparés face aux forces des Ténèbres, et à l’inverse, que Bod Owens(2), toujours maladroit avec les Potions et incapable de maîtriser tout sortilège plus complexe qu’un maléfice d’Entrave ait pu sortir vivant et sain d’esprit de la Nécropole du Sleer et en rapporter les artefacts alors que maints sorciers et sorcières plus expérimentés avaient fui, péri ou sombré dans la folie.
Ces forces intérieures ne s’enseignent pas. Mais elles peuvent être identifiées, apprivoisées, renforcées, développées, et, en partie, expliquées.
(1) Bridget Wenlock (1202-1285) Célèbre Arithmancienne. Première à établir les propriétés magiques du chiffre 7.
(2) Dont l’écrivain Moldu (?) Neil Gaiman a relaté l’histoire de façon hautement fantaisiste dans The Graveyard Book (L’Etrange Histoire de Nobody Owens).
À ce stade de votre apprentissage, vous devez déjà avoir compris combien il importe de connaître son ennemi, d’être capable de le reconnaître en toutes circonstances, d’identifier et d’exploiter ses faiblesses. Mais comment connaître les Ténèbres elles-mêmes ?
À quoi reconnaît-on leur empreinte ? Dans quelles situations leur est-on le plus vulnérable ? Quelles faiblesses peuvent-elles bien avoir ?
Certains parmi vous hochent la tête et murmurent : Elles n’en ont pas, c’est même exactement le contraire, elles exploitent les nôtres.
Ceux-là sont sages, mais pas assez. Si les Ténèbres exploitent nos faiblesses – et ce prémice est entièrement et profondément vrai – c’est qu’elles en ont besoin, qu’elles s’appuient sur nos failles pour exercer leur pouvoir. Qu’elles sont vulnérables à nos forces.
Exercice pratique
ATTENTION : EN AUCUN CAS CET EXERCICE NE DOIT ETRE PRATIQUÉ AVEC DES PERSONNES SOUFFRANT D’UNE FAIBLESSE CARDIAQUE OU AYANT RECEMMENT SUBI UN CHOC ÉMOTIONNEL. L’AUTEUR ET L’EDITEUR DÉCLINENT TOUTE RESPONSABILITÉ SI UN ACCIDENT SURVENAIT DANS CE CAS.
Si vous n’êtes pas en mesure de jeter les sortilèges indiqués en note et si personne dans votre entourage ne peut vous y aider, vous pouvez vous en remettre à des moyens non-magiques. Ignorez les notes, baissez les lumières, concentrez-vous, fermez les yeux s’il le faut et faites appel à votre imagination.
D’un coup, les lumières s’éteignent.(3) Sans grésiller, sans trembler ni fléchir : elles étaient, et elles ne sont plus, comme si le souffle d’un géant les avait anéanties.
Mais vous n’êtes pas seul dans la pièce. Vous entendez (NOM DU PROCHE) s’agiter près de vous, vous sentez sa chaleur, sa respiration qui s’accélère, il/elle semble encore plus terrifié que vous.(4)
Puis vous ne le sentez plus, ne l’entendez plus. Vous l’appelez, mais en vain. Il/elle n’a pas crié. A-t-il/elle été muselé sans bruit ? Est-il/elle tombé sans un cri, assommé ou…(5)
A présent, vous êtes seul. Vous faites quelques pas précipités vers l’arme la plus proche, votre baguette, le couteau avec lequel vous peliez les légumes, le lourd vase de Tante Harriet… Il n’est pas la. Vous butez contre un obstacle inattendu. Vos mains tâtonnent, affolées. Elles ne reconnaissent rien. Vous n’êtes plus chez vous, mais dans un lieu inconnu.(6) Voila pourquoi vous n’entendez plus (NOM DU PROCHE). Ce n’est pas lui/elle qui a disparu : c’est vous. C’est vous qui avez été arraché de son côté.
Vous laissez échapper un cri. Ou vos lèvres s’ouvrent, mais un souffle seul s’en échappe, inaudible. Aucun son ne retentit plus autour de vous.(7)
Vous avancez malgré tout dans votre prison de silence et de nuit, à tâtons frénétiques, et c’est alors que vous commencez à le sentir. Juste un frisson qui hérisse vos poils puis le froid monte et se répand, insidieux, dans vos membres, suintant de l’air, glaçant votre échine, et vous tremblez, sans savoir si c’est de froid ou de terreur.(8)
De la lumière, de la lumière, marmonnez-vous, criez-vous, incantez-vous sans bruit, et les Puissances doivent vous être favorables, car en effet les ténèbres semblent se dissiper un peu, et vous distinguez… vos propres mains blêmes, agitées de tremblements, trempées de sueur… des formes sombres et immobiles, un mince rai grisâtre, un interstice, une issue… et une silhouette(9) confusément s’y dessine et s’ébranle et glisse vers vous…(10)
Prenez quelques instants pour reprendre vos esprits. Respirez profondément. Regardez autour de vous : la lumière est revenue, vous êtes chez vous. Vous n’en avez jamais bougé.(11)
Maintenant, réfléchissez. Pourquoi avez-vous eu peur ?
Dix causes de peur sont survenues dans cette expérience. Efforcez-vous de toutes les identifier et notez-les ci-dessous.
Puis classez-les (en 1 celle qui vous a le plus effrayé).
Si vous en trouvez moins de six, vous vous êtes tant laissé déborder par vos émotions que vous n’arrivez pas à prendre de recul.
Cette capacité est importante pour la Défense contre les Forces du Mal. Malheureusement, il vous faut donc renouveler l’expérience jusqu'à ce que vous parveniez à identifier au moins six causes de peur.
Ce sera plus facile la deuxième fois. Il s’agit même d’une des raisons d’être de cet enseignement : on combat plus aisément les peurs déjà rencontrées.
Vous pouvez m'envoyer votre liste en commentaire ou par mail…
(3) Un sortilege de Nuit suffit. Vous pouvez y ajouter un effet sonore de Souffle.
(4) Soit une solution de Senteffroi à diffuser soit un sortilège d’illusion
(5) S’il y a réellement d’autres personnes (par exemple si vous entrainez plusieurs élèves en même temps), des Murs Sensoriels seront nécessaires à ce stade pour les séparer.
(6) Un sortilège de Confusion devrait suffire. Je déconseille de recourir aux grands moyens (Portoloin, Transplanage imposé). Au pire, des illusions tactiles peuvent renforcer la Confusion.
(7) Simple sortilège de Silence
(8) Simple sortilège de Caillegèle
(9) Encore un sortilège d’illusion – attention : il doit être suffisamment précis et bien ciblé pour passer outre à la Nuit magique. Si vous n’y parvenez pas, ou si vous entrainez plusieurs élèves simultanément, il faut lancer un sort de Voile d’Ombre puis lever le sortilège de Nuit avant de créer l’illusion de la silhouette. Il n’est pas recommandé, à ce stade, d’utiliser un Epouvantard. Ils feront l’objet d’un autre exercice pratique.
(10) Finite Incantatem.
(11) En cas d’élève particulièrement paniqué et ne parvenant pas à reprendre ses esprits, voir Remèdes d’urgence contre le Choc Emotionnel
CORRECTION ET SUITE DU COURS A VENIR
vendredi 24 avril 2009
DES NOUVELLES DU MONDE
Celui de dehors. Celui qui bouge. Celui qui fâche, parfois, qui inquiète, parfois.
Celui qui nous fait, que nous voulions ou non.
Sur le blog de Claude-Marie Vadrot, dont je ne partage pas toujours les opinions, dont je désapprouve parfois (souvent ?) le ton provocateur et les jugements à l'emporte-pièce…
Au jardin des Plantes il est désormais interdit de penser et de parler: histoire d'un cours interdit
C'est l'histoire d'un prof de fac qui doit donner un cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces en plein blocage des Universités et qui décide de le tenir au Jardin des Plantes, pour toutes sortes de raisons.
C'est l'histoire d'un prof à qui un vigile muni de sa photographie et peut-être embarrassé déclare : "Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit."
C'est l'histoire de ce qui suit.
Mais ce n'est pas la partie qui importe, n'est-ce pas ? La partie qui importe est celle qui s'est passée avant et qui a conduit à cette décision.
La partie qui importe est toujours avant.
Comment en est-on arrivé là, déjà ?
A quel moment crie-t-on au loup, à quel moment a-t-on cessé de crier ?
A quel moment était-il encore temps ?
Sur le blog d'Eolas, découvert grâce à Lucie, un blog miracle que je ne saurais trop vous recommander, dont j'admire l'acuité, la pertinence, l'esprit, une analyse des récents propos du Président sur les droits comparés des criminels et des victimes et la législation anti-bandes.
Vous avez sûrement entendu ça. J'ai tout de suite pensé à Dolores Umbridge (Ombrage en VF) et à son Décret d'Education n°24.
Mais je ne suis pas juriste.
Eolas, si.
Et cela donne ces deux bijoux de précision, d'érudition et d'humour :
Va-t-on jeter les victimes en prison ?
Le président de la République annonce une spectaculaire indulgence à l'égard des bandes
Celui qui nous fait, que nous voulions ou non.
Sur le blog de Claude-Marie Vadrot, dont je ne partage pas toujours les opinions, dont je désapprouve parfois (souvent ?) le ton provocateur et les jugements à l'emporte-pièce…
Au jardin des Plantes il est désormais interdit de penser et de parler: histoire d'un cours interdit
C'est l'histoire d'un prof de fac qui doit donner un cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces en plein blocage des Universités et qui décide de le tenir au Jardin des Plantes, pour toutes sortes de raisons.
C'est l'histoire d'un prof à qui un vigile muni de sa photographie et peut-être embarrassé déclare : "Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit."
C'est l'histoire de ce qui suit.
Mais ce n'est pas la partie qui importe, n'est-ce pas ? La partie qui importe est celle qui s'est passée avant et qui a conduit à cette décision.
La partie qui importe est toujours avant.
Comment en est-on arrivé là, déjà ?
A quel moment crie-t-on au loup, à quel moment a-t-on cessé de crier ?
A quel moment était-il encore temps ?
Sur le blog d'Eolas, découvert grâce à Lucie, un blog miracle que je ne saurais trop vous recommander, dont j'admire l'acuité, la pertinence, l'esprit, une analyse des récents propos du Président sur les droits comparés des criminels et des victimes et la législation anti-bandes.
Vous avez sûrement entendu ça. J'ai tout de suite pensé à Dolores Umbridge (Ombrage en VF) et à son Décret d'Education n°24.
Mais je ne suis pas juriste.
Eolas, si.
Et cela donne ces deux bijoux de précision, d'érudition et d'humour :
Va-t-on jeter les victimes en prison ?
Le président de la République annonce une spectaculaire indulgence à l'égard des bandes
samedi 13 décembre 2008
BEWITCHING CHRISTMAS
Il faudrait un mot pour ces inventions à mi-chemin entre l'idée et le rêve, émergées du sommeil (et parfois aussi de la Migralgine): idream, en anglais ? en français, oniridée? Je ne sais pas, mais l'appel à mots est lancé.
Entre état grippal, mois de décembre, relecture des Harry Potter et visite chez Schilliger ce livre a donc surgi dans mes pensées.
L'édition 2008 du best-seller sans cesse remis à jour BEWITCHING CHRISTMAS, astuces et sortilèges pour les plus beaux Noëls sorciers !
On y trouverait tout :
…des calendriers de l'Avent: un tour d'horizon du marché, depuis les classiques ("Bertie Crochue et les 24 saveurs de Noël"; les calendriers Chocogrenouilles où l'on trouve toujours Merlin ou Dumbledore pour le 24 décembre car ce sont les seuls à accepter de se déguiser en Père Noël…) jusqu'aux contestés Avents Divinatoires réalisés à partir du thème astral de votre enfant par Madame T…, voyante extralucide, en passant par les nouveaux Calendriers Surprises de chez Weasleys' Wizard Wheezes (et des solutions exclusives fournies par George Weasley lui-même en cas de débordement intempestif de certains sortilèges…). Tout pour réaliser des calendriers "maison" et bien sûr les indispensables Charmes Calendaires et autres Sortilèges de Limitation de Date pour empêcher les petits curieux ou gourmands d'ouvrir toutes les fenêtres dès le 1er décembre…
…des astuces pour la plus féerique des décorations de Noël: les meilleures conjurations de tapis de neige (qui ne mouille pas, ne fond pas, ne crisse pas avec un bruit de plastique), les enchantements de Flocons, de Givre Magique pour vos fenêtres, de stalactites cristallines pour votre sapin; les conseils des meilleurs Botanistes pour choisir votre sapin, l'enchanter sans nuire à sa croissance, et le transplanter aisément dans votre salon (puis hors de votre salon après les fêtes !); comment remettre à neuf les décorations des années précédentes (et comment vérifier l'état des sortilèges pour les accessoires enchantés: n'oubliez pas qu'un sortilège ayant dépassé la date de péremption peut se révéler extrêmement dangereux); comment utiliser des Fées pour vos décorations de Noël (sans occasionner de blessure physique, psychologique et morale aux dites Fées, conformément à la législation, chapitre validé par la Société de Protection des Créatures Magiques)… Nouveau cette année: des idées de Noëls aux couleurs de votre maison de Poudlard favorite!
…les plus extraordinaires des lumières magiques: Chandelles Flottantes, Lucioles apprivoisées, Voies Lactées domestiques, Etoiles des Neiges, Guirlandes Stellaires, les plus performants des enchantements Multicolores, y compris des assortis automatiques pour les sorciers daltoniens. Ce chapitre inclut les dernières avancées en matière de Sortilèges Gèle-Flammes, des solutions adaptées aux environnements les plus inflammables et à la présence de très jeunes sorcier(e)s…
…et bien d'autres choses: les derniers sortilèges de Chaussons Sans Fond pour caser tous les cadeaux dans chaque paire de souliers (et les sorts de secours pour récupérer objets ou sorciers qui y seraient tombés par mégarde); les Pièges à Cheminée de Weasleys' Wizard Wheezes qui ont déclenché l'an dernier une telle polémique; les meilleurs moyens d'enchanter le Gui pour inciter au baiser les sorciers et sorcières qui passeront dessous (avec un démenti officiel des Botanistes de l'Académie: non, le Gui n'est pas infesté de Nargoles, c'est un végétal sain et sans danger qui peut être suspendu dans toute maison de sorciers); les meilleurs enchantements musicaux de christmas carols (y compris le fameux Swing Zap' : transformez les poncifs de Celestina Moldubec en tubes rock n'roll)…
Les familles les plus traditionalistes se réjouiront de retrouver la célèbre Mesure à Enfants Sages qui permet de déterminer combien de cadeaux méritent réellement vos bambins.
…et bien sûr de nouvelles recettes de fête pour votre réveillon, ainsi que les meilleures Potions anti-gueule de bois et indigestions pour les lendemains difficiles…
Disponible dans toutes les bonnes librairies !
Chez Fleury et Bott, pour chaque exemplaire acheté de l'édition 2008 de BEWITCHING CHRISTMAS vous sera offert un rouleau de papier cadeau auto-pliant de la couleur de votre choix.
Entre état grippal, mois de décembre, relecture des Harry Potter et visite chez Schilliger ce livre a donc surgi dans mes pensées.
L'édition 2008 du best-seller sans cesse remis à jour BEWITCHING CHRISTMAS, astuces et sortilèges pour les plus beaux Noëls sorciers !
On y trouverait tout :
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…des astuces pour la plus féerique des décorations de Noël: les meilleures conjurations de tapis de neige (qui ne mouille pas, ne fond pas, ne crisse pas avec un bruit de plastique), les enchantements de Flocons, de Givre Magique pour vos fenêtres, de stalactites cristallines pour votre sapin; les conseils des meilleurs Botanistes pour choisir votre sapin, l'enchanter sans nuire à sa croissance, et le transplanter aisément dans votre salon (puis hors de votre salon après les fêtes !); comment remettre à neuf les décorations des années précédentes (et comment vérifier l'état des sortilèges pour les accessoires enchantés: n'oubliez pas qu'un sortilège ayant dépassé la date de péremption peut se révéler extrêmement dangereux); comment utiliser des Fées pour vos décorations de Noël (sans occasionner de blessure physique, psychologique et morale aux dites Fées, conformément à la législation, chapitre validé par la Société de Protection des Créatures Magiques)… Nouveau cette année: des idées de Noëls aux couleurs de votre maison de Poudlard favorite!
…les plus extraordinaires des lumières magiques: Chandelles Flottantes, Lucioles apprivoisées, Voies Lactées domestiques, Etoiles des Neiges, Guirlandes Stellaires, les plus performants des enchantements Multicolores, y compris des assortis automatiques pour les sorciers daltoniens. Ce chapitre inclut les dernières avancées en matière de Sortilèges Gèle-Flammes, des solutions adaptées aux environnements les plus inflammables et à la présence de très jeunes sorcier(e)s…
…et bien d'autres choses: les derniers sortilèges de Chaussons Sans Fond pour caser tous les cadeaux dans chaque paire de souliers (et les sorts de secours pour récupérer objets ou sorciers qui y seraient tombés par mégarde); les Pièges à Cheminée de Weasleys' Wizard Wheezes qui ont déclenché l'an dernier une telle polémique; les meilleurs moyens d'enchanter le Gui pour inciter au baiser les sorciers et sorcières qui passeront dessous (avec un démenti officiel des Botanistes de l'Académie: non, le Gui n'est pas infesté de Nargoles, c'est un végétal sain et sans danger qui peut être suspendu dans toute maison de sorciers); les meilleurs enchantements musicaux de christmas carols (y compris le fameux Swing Zap' : transformez les poncifs de Celestina Moldubec en tubes rock n'roll)…
Les familles les plus traditionalistes se réjouiront de retrouver la célèbre Mesure à Enfants Sages qui permet de déterminer combien de cadeaux méritent réellement vos bambins.
…et bien sûr de nouvelles recettes de fête pour votre réveillon, ainsi que les meilleures Potions anti-gueule de bois et indigestions pour les lendemains difficiles…
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mercredi 20 février 2008
DISSERTATION (3 ET FIN)
Cependant les membres de cette Maison ne se bornent pas à un rôle de préservation et de transmission, si important soit-il. Les Serpentards ne sont pas tout entiers tournés vers le passé. Il nous faut à présent aborder l’ultime facette de cette Maison, sans doute la plus difficile à cerner et la plus précieuse.
Le Choixpeau magique la rappelle pourtant chaque année aux élèves de Poudlard : contrairement à l’opinion communément admise, le trait de caractère qui place les élèves dans cette maison n’est pas l’orgueil, mais la ruse. «Vous finirez à Serpentard / Si vous êtes plutôt malin / Car ceux-là sont de vrais roublards / Qui parviennent toujours à leurs fins.»(1) On peut même se demander s’il n’y a pas eu là une forme d’amalgame historique, de malentendu dans la transmission, tant les deux qualités exigées par Serpentard alternent : « Ainsi Serpentard voulait un sang pur / Chez les sorciers de son académie / Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.» Laquelle de ces deux caractéristiques domine l’autre? En quoi peuvent-elles être liées? On regrette l’absence d’une autre statistique, jamais mesurée par le Ministère : le nombre d’élèves de Serpentard qui n’étaient pas issus de familles au «sang pur». Ceux-là auront bien été choisis pour cette autre qualité, la ruse, que le Choixpeau (encore de parti pris?) rebaptise parfois du terme péjoratif de rouerie, mais qui consiste, explique-t-il, à parvenir à ses fins.
La Maison Serpentard a-t-elle donc, depuis ses origines, un double visage ? Ou n’est-ce pas plutôt le regard que nous portons sur elle qui est double, comme en témoigne à nouveau le Choixpeau dans cette autre description : «Serpentard, assoiffé de pouvoir et d'action, / Recherchait en chacun le feu de l'ambition.» Le qualificatif assoiffé de pouvoir est non seulement peu flatteur mais aussi dangereux, évoquant la plus célèbre des tentations de la magie noire. Mais le feu de l’ambition n’est-il pas une noble passion, une de celles qui permettent au monde et aux êtres de progresser? N’est-ce pas la part essentielle que les Serpentard sont chargés d’apporter au monde des sorciers?
Ces caractéristiques ont fait des élèves de Serpentard, génération après génération, les meilleurs diplomates, les plus retors des négociateurs, doués de la plus charmeuse des langues, des diplomates capables de faire signer la paix à des Géants, de contraindre les Anciens Dragons par des pactes enchantés, de mettre au point patiemment les chartes de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers malgré les susceptibilités et intérêts contradictoires de chaque Etat.(2)
On parle souvent du mage noir Clivedden et de son cercle, des Serpentards anglais qui se sont ralliés à Gellert Grindelwald. Mais on oublie que le groupe secret des Défenseurs de la Terre, qui ont lancé et maintenu pendant de longs mois le sortilège d’ancienne magie empêchant l’invasion de la Grande-Bretagne, était composé pour moitié d’anciens élèves de Serpentard. On parle des héroïques Brigades à Balais et de leurs capitaines, presque tous Gryffondors ; on parle d’Alan Rungit, le brillant sorcier de Serdaigle qui a mis au point le sortilège de Décryptage pour intercepter les messages ennemis ; on ne dit pas assez que le Ministre de la Magie de l’époque était un Serpentard, et que seul un Serpentard, sans doute, était à même d’accomplir ce qu’il a accompli. Il ne s’agit plus ici de rouerie ni d’ambition, mais bien d’être capable de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre une fin, même quand ces moyens sont durs, et sombres. Il s’agit d’être capable de sacrifier un village et ses douze familles de sorciers quand le sort de la guerre est en jeu. Ce n’est pas une décision facile à prendre. Ce n’est pas beau, ni noble. Ce n’est pas quelque chose qui attirera remerciements ni médailles, ni notre amour. Mais c’est nécessaire, quelquefois. Et seuls les Serpentards sont capables de répondre à cette nécessité.
Ils en payent le prix : l’opinion les regarde avec horreur, et sans doute en sera-t-il toujours ainsi. Mais ils atteignent le but, et c’est ce qu’il fallait.
Souvent ils errent. Parfois ils cèdent à la tentation. Ils ne cherchent pas à être sympathiques. Parfois ils rêvent de vengeance, parfois ils s’agrippent désespérément au passé et nous tirent en arrière. La méfiance qu’ils inspirent est ancienne, comme est ancienne la division qu’ils incarnent dans le monde des sorciers.
Pourtant le Choixpeau de Poudlard sait lui aussi qu’en temps de guerre, quand tout nous pousse à la discorde, l’union est plus importante que jamais. Il n’a jamais manqué de le rappeler aux élèves, à chaque conflit : «Et depuis que les quatre fondateurs / Furent réduits à trois pour leur malheur / Jamais plus les maisons ne fur'nt unies / Commes elle's l'étaient au début de leur vie.»(1) Leur malheur, dit-il : notre malheur à tous, pour le passé, le présent et l’avenir. Ces dernières années, nous avons souffert plus que jamais peut-être, nos familles et nos vies ont été déchirées, et à présent tous cherchent des explications, des coupables, la justice ou la vengeance. Mais n’allons pas trop vite en besogne, n’abusons pas des simplifications. N’oublions pas le double rôle de la Maison Serpentard : elle veille sur notre passé, elle entretient la flamme de l’ambition future. Ne soyons pas trop prompts à proclamer que seuls les Serpentards et les faibles succombent à l’attrait des Arts Obscurs, car le prix à payer serait terrible. N’oublions pas que nous sommes tous responsables, et que pour la plupart, nous devons surtout bénir la chance qui nous a épargné la tentation.
A la surprise générale, lors du DésanonyMage des copies, ce devoir se révéla être écrit par une élève de Gryffondor…
1 : Histoire de Poudlard, Annexe II, Compendium des chansons de rentrée du Choixpeau Magique, op. cit.
2 : Histoire de la Magie Moderne et Les Grands Evénements de la Magie au XXe siècle
J'ai tellement aimé rédiger cette dissertation que je suis volontaire pour en composer d'autres. A vous donc de me proposer des sujets dans l'univers de Harry Potter, je choisirai celui qui m'inspire le plus.
Le Choixpeau magique la rappelle pourtant chaque année aux élèves de Poudlard : contrairement à l’opinion communément admise, le trait de caractère qui place les élèves dans cette maison n’est pas l’orgueil, mais la ruse. «Vous finirez à Serpentard / Si vous êtes plutôt malin / Car ceux-là sont de vrais roublards / Qui parviennent toujours à leurs fins.»(1) On peut même se demander s’il n’y a pas eu là une forme d’amalgame historique, de malentendu dans la transmission, tant les deux qualités exigées par Serpentard alternent : « Ainsi Serpentard voulait un sang pur / Chez les sorciers de son académie / Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.» Laquelle de ces deux caractéristiques domine l’autre? En quoi peuvent-elles être liées? On regrette l’absence d’une autre statistique, jamais mesurée par le Ministère : le nombre d’élèves de Serpentard qui n’étaient pas issus de familles au «sang pur». Ceux-là auront bien été choisis pour cette autre qualité, la ruse, que le Choixpeau (encore de parti pris?) rebaptise parfois du terme péjoratif de rouerie, mais qui consiste, explique-t-il, à parvenir à ses fins.
La Maison Serpentard a-t-elle donc, depuis ses origines, un double visage ? Ou n’est-ce pas plutôt le regard que nous portons sur elle qui est double, comme en témoigne à nouveau le Choixpeau dans cette autre description : «Serpentard, assoiffé de pouvoir et d'action, / Recherchait en chacun le feu de l'ambition.» Le qualificatif assoiffé de pouvoir est non seulement peu flatteur mais aussi dangereux, évoquant la plus célèbre des tentations de la magie noire. Mais le feu de l’ambition n’est-il pas une noble passion, une de celles qui permettent au monde et aux êtres de progresser? N’est-ce pas la part essentielle que les Serpentard sont chargés d’apporter au monde des sorciers?
Ces caractéristiques ont fait des élèves de Serpentard, génération après génération, les meilleurs diplomates, les plus retors des négociateurs, doués de la plus charmeuse des langues, des diplomates capables de faire signer la paix à des Géants, de contraindre les Anciens Dragons par des pactes enchantés, de mettre au point patiemment les chartes de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers malgré les susceptibilités et intérêts contradictoires de chaque Etat.(2)
On parle souvent du mage noir Clivedden et de son cercle, des Serpentards anglais qui se sont ralliés à Gellert Grindelwald. Mais on oublie que le groupe secret des Défenseurs de la Terre, qui ont lancé et maintenu pendant de longs mois le sortilège d’ancienne magie empêchant l’invasion de la Grande-Bretagne, était composé pour moitié d’anciens élèves de Serpentard. On parle des héroïques Brigades à Balais et de leurs capitaines, presque tous Gryffondors ; on parle d’Alan Rungit, le brillant sorcier de Serdaigle qui a mis au point le sortilège de Décryptage pour intercepter les messages ennemis ; on ne dit pas assez que le Ministre de la Magie de l’époque était un Serpentard, et que seul un Serpentard, sans doute, était à même d’accomplir ce qu’il a accompli. Il ne s’agit plus ici de rouerie ni d’ambition, mais bien d’être capable de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre une fin, même quand ces moyens sont durs, et sombres. Il s’agit d’être capable de sacrifier un village et ses douze familles de sorciers quand le sort de la guerre est en jeu. Ce n’est pas une décision facile à prendre. Ce n’est pas beau, ni noble. Ce n’est pas quelque chose qui attirera remerciements ni médailles, ni notre amour. Mais c’est nécessaire, quelquefois. Et seuls les Serpentards sont capables de répondre à cette nécessité.
Ils en payent le prix : l’opinion les regarde avec horreur, et sans doute en sera-t-il toujours ainsi. Mais ils atteignent le but, et c’est ce qu’il fallait.
Souvent ils errent. Parfois ils cèdent à la tentation. Ils ne cherchent pas à être sympathiques. Parfois ils rêvent de vengeance, parfois ils s’agrippent désespérément au passé et nous tirent en arrière. La méfiance qu’ils inspirent est ancienne, comme est ancienne la division qu’ils incarnent dans le monde des sorciers.
Pourtant le Choixpeau de Poudlard sait lui aussi qu’en temps de guerre, quand tout nous pousse à la discorde, l’union est plus importante que jamais. Il n’a jamais manqué de le rappeler aux élèves, à chaque conflit : «Et depuis que les quatre fondateurs / Furent réduits à trois pour leur malheur / Jamais plus les maisons ne fur'nt unies / Commes elle's l'étaient au début de leur vie.»(1) Leur malheur, dit-il : notre malheur à tous, pour le passé, le présent et l’avenir. Ces dernières années, nous avons souffert plus que jamais peut-être, nos familles et nos vies ont été déchirées, et à présent tous cherchent des explications, des coupables, la justice ou la vengeance. Mais n’allons pas trop vite en besogne, n’abusons pas des simplifications. N’oublions pas le double rôle de la Maison Serpentard : elle veille sur notre passé, elle entretient la flamme de l’ambition future. Ne soyons pas trop prompts à proclamer que seuls les Serpentards et les faibles succombent à l’attrait des Arts Obscurs, car le prix à payer serait terrible. N’oublions pas que nous sommes tous responsables, et que pour la plupart, nous devons surtout bénir la chance qui nous a épargné la tentation.
A la surprise générale, lors du DésanonyMage des copies, ce devoir se révéla être écrit par une élève de Gryffondor…
1 : Histoire de Poudlard, Annexe II, Compendium des chansons de rentrée du Choixpeau Magique, op. cit.
2 : Histoire de la Magie Moderne et Les Grands Evénements de la Magie au XXe siècle
J'ai tellement aimé rédiger cette dissertation que je suis volontaire pour en composer d'autres. A vous donc de me proposer des sujets dans l'univers de Harry Potter, je choisirai celui qui m'inspire le plus.
mardi 19 février 2008
DISSERTATION (2)
L’association entre la Maison Serpentard et les Pratiques Obscures serait-elle entachée des mêmes préjugés ?
Force est de constater que le Choixpeau n’en fait jamais état dans ses descriptions des quatre Maisons, mais cela n’est pas probant : le Choixpeau est le garant des traditions de Poudlard et de sa ligne directrice, qui a toujours exclu l’enseignement de la magie noire à ses élèves. L’analyse des statistiques du Ministère de la Magie est à nouveau éclairante : sur les deux derniers siècles, 70 % des artefacts de magie noire ont été saisis chez des familles liées à la Maison Serpentard, mais seulement 37 % des condamnations pour pratiques de sortilèges de magie noire concernent ces familles. Cette disparité est aisée à expliquer : les artefacts en question sont pour la plupart très anciens, transmis de génération en génération, et se trouvent donc majoritairement en possession des vieilles lignées de sorciers.
Le même argument peut être appliqué, sous une forme atténuée, à la pratique des Maléfices. D’après les Sorts & enchantements anciens et oubliés (Olde & Forgotten Bewitchments & Charmes), nombre de ces sortilèges « oubliés » l’ont été par la volonté des sorciers ou de leurs autorités, parce qu’ils témoignaient d’une « vision obsolète du monde ». C’est à ces sources et à cette vision que s’abreuve la magie noire : un temps où les valeurs étaient différentes et où la voie des ténèbres était souvent considérée comme une réponse acceptable aux ténèbres du monde.(1) Les sorciers des anciennes familles ont plus facilement accès à ce savoir, soigneusement exclu des bibliothèques officielles ou protégé par de puissants enchantements restrictifs. Il ne faut pas sous-estimer le rôle de cette facilité. La pratique de la magie noire repose sur une forme de tentation, comme le souligne l’excellent Affronter l'ennemi sans visage (Confronting the Faceless): «Certains, très rares, ont la force de volonté nécessaire pour résister à cette tentation. Mais heureusement pour notre monde, d’autres, beaucoup plus nombreux, n’y sont simplement jamais confrontés.» Ne s’agit-il pas là de la plus lucide analyse de l’affinité des Serpentards avec la magie noire? Ils ne sont ni plus faibles ni plus vicieux que les élèves des autres Maisons, ils sont seulement plus souvent confrontés à cette tentation.
Et la plus grande des tentations fut celle initiée par les deux grands mages noirs de notre siècle. On l’a dit, tous deux ont choisi de défendre une vision traditionaliste de la société et d’encourager les familles de «sang pur» à lutter contre l’influence croissante des Moldus. Sans doute faudra-t-il de longues années avant que quelqu’un ait le recul et la sérénité nécessaire pour écrire une histoire critique de ces périodes sombres, mais on peut déjà se demander si cette décision de Grindelwald et deVolde Vous-Savez-Qui n’a pas été motivée par l’intérêt autant que par l’idéologie. Il s’agissait d’un moyen sûr de recruter des partisans, parmi les plus riches en savoir, en terres et en or du monde sorcier, d’exploiter leur amertume nourrie par les événements des trois siècles précédents et d’utiliser leur désir de revanche. Parmi tous les suivants de Grindelwald, rares furent ceux qui ont pris son parti par affinité avec les pratiques obscures, bien plus nombreux ceux qui l’ont fait par conviction politique, par incompréhension face à l’évolution rapide du monde et à la place croissante prise par les Moldus, par peur d’un avenir inconnu.
Et s’il est une valeur qui peut-être réellement associée à la Maison Serpentard, c’est bien le traditionalisme. Au XIXe siècle, alors que l’agitation sociale commençait à se calmer, Victor Caspar Bulstrode fut le plus traditionaliste des Ministres de la Magie, Phinéas Nigellus le plus traditionaliste des directeurs de Poudlard(2). Tous deux avaient fait leurs études au sein de la Maison Serpentard. Ce traditionalisme n’est-il qu’une régression, un frein pour l’avancée de la société des sorciers? Ou peut-il lui apporter des forces positives?
Les Serpentards et leurs sympathisants sont aussi par essence des gardiens de la tradition, permettant la préservation du savoir et la transmission de la mémoire du monde sorcier. Ce sont là de nobles missions qui ne doivent pas être sous-estimées.
Ce rôle a pris de nombreuses formes au fil des siècles, la plus évidente étant celle de la conservation et de la garde d’artefacts magiques qui auraient certainement été perdus sans leurs soins. Certes il y avait parmi ces artefacts des objets liés aux Arts Sombres, mais aussi des trésors, tels que les Cœurlumières, rares et précieux objets de Défense contre les Forces du Mal(3). La famille McLaggen est célèbre pour le Cœurlumière qu’elle détient depuis quatre siècles et qui veille sur ses héritiers à chaque génération : si ce n’est plus le cas de son chef de clan actuel, elle a été longtemps affiliée à la Maison du Serpent. Le plus grand et le plus puissant des Cœurlumières a longtemps reposé au sommet d’un phare en Ecosse, sous la garde de la famille Stevenson, assurant la sauvegarde non seulement des sorciers des environs mais aussi des marins Moldus. Il est utile de rappeler que Septimus Stevenson, le dernier représentant de cette famille et lui-même ancien élève de Serpentard, est mort en essayant de défendre le phare contre les partisans de Grindelwald en 1943.
Les Serpentards ont aussi préservé de nombreux manuscrits et grimoires de magie et d’histoire. Nombreux furent ceux qui risquèrent leur vie pour soustraire de tels livres à l’Inquisition, tels que Bence Malefoy, décoré de l’Ordre de Merlin, première classe, pour s’être introduit au début du XIVe siècle dans une place-forte de l’Inquisition en Italie du Nord et y avoir soustrait cent six grimoires de sorcellerie, pour la plupart exemplaires uniques ou originaux de grand prix. Le sortilège de Gèle-Flamme, célèbre pour avoir trompé maints Inquisiteurs sur des bûchers de sorcières, a été conçu au départ pour sauver des bibliothèques par Isabella D’Arcy, une élève de Salazar Serpentard lui-même(4). Parmi les sorciers antiques honorés dans la Maison Serpentard, et dont le portrait figure dans leur Salle Commune, se trouvent Hipatia et Eratosthène, les mythiques sorciers qui ont transplané à soixante-sept reprises dans la bibliothèque d’Alexandrie en flammes pour en sortir des manuscrits, et n’ont pas survécu à la soixante-huitième…(5)
C’est encore à des Serpentards que l’on doit la conservation de sorts tels que Priori Incantatem ou le sortilège de Réclusion, tous deux «perdus» pendant les grandes guerres contre les Géants, et réintroduits en Angleterre par la famille Strange qui les a mis au service des enquêteurs (pour le premier) et des chambres-fortes (pour le second) du Ministère, à une époque où les soulèvements gobelins avaient conduit la plupart des sorciers à retirer leurs biens de Gringotts et à chercher d’autres protections.
Cette position de gardien des traditions et de garant de la mémoire a conduit les Serpentards à être souvent nommés à des postes clefs tels que Directeur des Archives du Ministère, chef du Département des Mystères, ou, dans des temps plus anciens, Sénéchal d’Angleterre(6).
Cependant les membres de cette Maison ne se bornent pas à un rôle de préservation et de transmission, si important soit-il. Les Serpentards ne sont pas tout entiers tournés vers le passé. Il nous faut à présent aborder l’ultime facette de cette Maison, sans doute la plus difficile à cerner et la plus précieuse... À SUIVRE
1 : Grandes Noirceurs de la magie (Magick Most Evile)
2 : Histoire de Poudlard, chapitre XXXII, «Le retour à l’austérité : Poudlard à l’ère victorienne»
3 : Les Forces du Mal surpassées (The Dark Arts Outsmarted), chapitre IV, « Artefacts et sortilèges de la Lumière »
4 : Guide de la Sorcellerie Médiévale, « Le temps de l’Inquisition »
5 : Les sites historiques de la sorcellerie, « L’Empire romain »
6 : Archives officielles du Ministère de la Magie, Postes officiels
Force est de constater que le Choixpeau n’en fait jamais état dans ses descriptions des quatre Maisons, mais cela n’est pas probant : le Choixpeau est le garant des traditions de Poudlard et de sa ligne directrice, qui a toujours exclu l’enseignement de la magie noire à ses élèves. L’analyse des statistiques du Ministère de la Magie est à nouveau éclairante : sur les deux derniers siècles, 70 % des artefacts de magie noire ont été saisis chez des familles liées à la Maison Serpentard, mais seulement 37 % des condamnations pour pratiques de sortilèges de magie noire concernent ces familles. Cette disparité est aisée à expliquer : les artefacts en question sont pour la plupart très anciens, transmis de génération en génération, et se trouvent donc majoritairement en possession des vieilles lignées de sorciers.
Le même argument peut être appliqué, sous une forme atténuée, à la pratique des Maléfices. D’après les Sorts & enchantements anciens et oubliés (Olde & Forgotten Bewitchments & Charmes), nombre de ces sortilèges « oubliés » l’ont été par la volonté des sorciers ou de leurs autorités, parce qu’ils témoignaient d’une « vision obsolète du monde ». C’est à ces sources et à cette vision que s’abreuve la magie noire : un temps où les valeurs étaient différentes et où la voie des ténèbres était souvent considérée comme une réponse acceptable aux ténèbres du monde.(1) Les sorciers des anciennes familles ont plus facilement accès à ce savoir, soigneusement exclu des bibliothèques officielles ou protégé par de puissants enchantements restrictifs. Il ne faut pas sous-estimer le rôle de cette facilité. La pratique de la magie noire repose sur une forme de tentation, comme le souligne l’excellent Affronter l'ennemi sans visage (Confronting the Faceless): «Certains, très rares, ont la force de volonté nécessaire pour résister à cette tentation. Mais heureusement pour notre monde, d’autres, beaucoup plus nombreux, n’y sont simplement jamais confrontés.» Ne s’agit-il pas là de la plus lucide analyse de l’affinité des Serpentards avec la magie noire? Ils ne sont ni plus faibles ni plus vicieux que les élèves des autres Maisons, ils sont seulement plus souvent confrontés à cette tentation.
Et la plus grande des tentations fut celle initiée par les deux grands mages noirs de notre siècle. On l’a dit, tous deux ont choisi de défendre une vision traditionaliste de la société et d’encourager les familles de «sang pur» à lutter contre l’influence croissante des Moldus. Sans doute faudra-t-il de longues années avant que quelqu’un ait le recul et la sérénité nécessaire pour écrire une histoire critique de ces périodes sombres, mais on peut déjà se demander si cette décision de Grindelwald et de
Et s’il est une valeur qui peut-être réellement associée à la Maison Serpentard, c’est bien le traditionalisme. Au XIXe siècle, alors que l’agitation sociale commençait à se calmer, Victor Caspar Bulstrode fut le plus traditionaliste des Ministres de la Magie, Phinéas Nigellus le plus traditionaliste des directeurs de Poudlard(2). Tous deux avaient fait leurs études au sein de la Maison Serpentard. Ce traditionalisme n’est-il qu’une régression, un frein pour l’avancée de la société des sorciers? Ou peut-il lui apporter des forces positives?
Les Serpentards et leurs sympathisants sont aussi par essence des gardiens de la tradition, permettant la préservation du savoir et la transmission de la mémoire du monde sorcier. Ce sont là de nobles missions qui ne doivent pas être sous-estimées.
Ce rôle a pris de nombreuses formes au fil des siècles, la plus évidente étant celle de la conservation et de la garde d’artefacts magiques qui auraient certainement été perdus sans leurs soins. Certes il y avait parmi ces artefacts des objets liés aux Arts Sombres, mais aussi des trésors, tels que les Cœurlumières, rares et précieux objets de Défense contre les Forces du Mal(3). La famille McLaggen est célèbre pour le Cœurlumière qu’elle détient depuis quatre siècles et qui veille sur ses héritiers à chaque génération : si ce n’est plus le cas de son chef de clan actuel, elle a été longtemps affiliée à la Maison du Serpent. Le plus grand et le plus puissant des Cœurlumières a longtemps reposé au sommet d’un phare en Ecosse, sous la garde de la famille Stevenson, assurant la sauvegarde non seulement des sorciers des environs mais aussi des marins Moldus. Il est utile de rappeler que Septimus Stevenson, le dernier représentant de cette famille et lui-même ancien élève de Serpentard, est mort en essayant de défendre le phare contre les partisans de Grindelwald en 1943.
Les Serpentards ont aussi préservé de nombreux manuscrits et grimoires de magie et d’histoire. Nombreux furent ceux qui risquèrent leur vie pour soustraire de tels livres à l’Inquisition, tels que Bence Malefoy, décoré de l’Ordre de Merlin, première classe, pour s’être introduit au début du XIVe siècle dans une place-forte de l’Inquisition en Italie du Nord et y avoir soustrait cent six grimoires de sorcellerie, pour la plupart exemplaires uniques ou originaux de grand prix. Le sortilège de Gèle-Flamme, célèbre pour avoir trompé maints Inquisiteurs sur des bûchers de sorcières, a été conçu au départ pour sauver des bibliothèques par Isabella D’Arcy, une élève de Salazar Serpentard lui-même(4). Parmi les sorciers antiques honorés dans la Maison Serpentard, et dont le portrait figure dans leur Salle Commune, se trouvent Hipatia et Eratosthène, les mythiques sorciers qui ont transplané à soixante-sept reprises dans la bibliothèque d’Alexandrie en flammes pour en sortir des manuscrits, et n’ont pas survécu à la soixante-huitième…(5)
C’est encore à des Serpentards que l’on doit la conservation de sorts tels que Priori Incantatem ou le sortilège de Réclusion, tous deux «perdus» pendant les grandes guerres contre les Géants, et réintroduits en Angleterre par la famille Strange qui les a mis au service des enquêteurs (pour le premier) et des chambres-fortes (pour le second) du Ministère, à une époque où les soulèvements gobelins avaient conduit la plupart des sorciers à retirer leurs biens de Gringotts et à chercher d’autres protections.
Cette position de gardien des traditions et de garant de la mémoire a conduit les Serpentards à être souvent nommés à des postes clefs tels que Directeur des Archives du Ministère, chef du Département des Mystères, ou, dans des temps plus anciens, Sénéchal d’Angleterre(6).
Cependant les membres de cette Maison ne se bornent pas à un rôle de préservation et de transmission, si important soit-il. Les Serpentards ne sont pas tout entiers tournés vers le passé. Il nous faut à présent aborder l’ultime facette de cette Maison, sans doute la plus difficile à cerner et la plus précieuse... À SUIVRE
1 : Grandes Noirceurs de la magie (Magick Most Evile)
2 : Histoire de Poudlard, chapitre XXXII, «Le retour à l’austérité : Poudlard à l’ère victorienne»
3 : Les Forces du Mal surpassées (The Dark Arts Outsmarted), chapitre IV, « Artefacts et sortilèges de la Lumière »
4 : Guide de la Sorcellerie Médiévale, « Le temps de l’Inquisition »
5 : Les sites historiques de la sorcellerie, « L’Empire romain »
6 : Archives officielles du Ministère de la Magie, Postes officiels
lundi 18 février 2008
DISSERTATION À SUJET IMPOSÉ (1)
Pour ceux qui ne le savent pas, nous nous préparons à un jeu de rôles grandeur-nature des plus prometteurs, se déroulant dans le monde de Harry Potter en 1982, donc à la fin de la première guerre contre Voldemort.
Une autre joueuse ayant proposé un concours exigeant de chanter les louanges de la mal-aimée Maison Serpentard, j'ai trouvé amusant de présenter ma contribution sous la forme d'une copie d'élève...
Que ceux qui n'ont pas fini le tome 7 ne s'inquiètent pas, cette dissertation étant censée dater de 1982, elle ne contient aucun spoiler!
À l’heure où les horreurs de la guerre laissent place aux purges, aux tribunaux et aux règlements de compte, nombreux sont ceux qui remettent en cause les valeurs de la Maison fondée par Salazar Serpentard, dénoncent son implication aux côtés de Celui Dont Il Ne Faut Pas Prononcer le Nom, et vont jusqu’à réclamer son éradication.
Cependant le Choixpeau Magique et les traditions de Poudlard nous rappellent que l’Ecole n’est entière que si elle conserve ses quatre Maisons. Il semble donc nécessaire de nous interroger sur les valeurs réelles de la Maison Serpentard : est-elle historiquement et intrinsèquement liée à la magie noire et à l’obsession du sang pur? N’apporte-t-elle pas à la société des sorciers des éléments essentiels à sa survie?
Deux accusations reviennent dans les critiques formulées contre la Maison du Serpent : elle nourrirait de violents préjugés envers les Moldus et les sorciers d’ascendance moldue, et elle s’attacherait à des pratiques de magie noire condamnées par le Ministère de la Magie et le Code International.
De fait, il est impossible de nier que d’anciens élèves de la Maison Serpentard se rendent régulièrement coupables d’agressions contre les Moldus. Selon les dernières statistiques publiées par le Ministère, 56 % de ces agressions ont été commises par des ressortissants de Serpentard, et le pourcentage s’élève à 62 % si l’on prend en compte uniquement les agressions avec violence aboutissant à la mort ou un handicap permanent. Ce phénomène n’a rien de récent (ainsi le groupe de marins sorciers qui a créé en 1801 un nouveau poisson magique, le Sharak, entièrement couvert d'épines, destinées à déchirer les filets des Moldus, était déjà d’obédience Serpentard (1)), mais il s’est amplifié au cours du XXe siècle. Cette rancœur envers les Moldus est l’une des causes principales de l’adhésion des Serpentards aux thèses de certains mages noirs, au premier rang desquels Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom et Gellert Grindelwald, qui ont tous deux développé des thèses prônant l’asservissement des Moldus ou l’interdiction d’enseigner la magie aux sorciers d’ascendance moldue.
Cette idéologie est-elle intrinsèque à la Maison ? On peut le penser, car de telles idées sont prêtées au Fondateur de la Maison lui-même: « Serpentard disait : Il faut enseigner / Aux descendants des plus nobles lignées », nous rappelle le Choixpeau. Cette conviction est même présentée comme la cause du départ de Serpentard, et donc de la rupture de l’harmonie entre les quatre Fondateurs de Poudlard, ce qui fournit un nouvel argument aux détracteurs de Salazar Serpentard.
Malgré tout, une étude objective prenant en compte la dimension historique permet de relativiser cette accusation. Il convient avant tout de rappeler que la Fondation de Poudlard date du Haut Moyen-Age, période à laquelle l’idée d’une noblesse de sang était considérée comme naturelle tant chez les Moldus que chez les sorciers. L’ensemble de la société était persuadée de l’existence d’une telle division, et Serpentard n’était en rien une exception, il représentait même le courant de pensée majoritaire à son époque : « Point ne devons mêler, écrit le chroniqueur des Annales Britanniae, le noble et le vilain, comme dans nos potions nous savons séparer ces substances, de même nous devons le faire dans le monde. » Randolphus Pittiman, l’auteur de la biographie d’Uric le Follingue, rappelle qu’à l’époque, on considérait même que la magie pratiquée par les sorciers de sang pur (appelée Sorcellerie) était intrinsèquement différente de la «magie vulgaire» qui se révélait chez certains Moldus et passait pour une forme de prestidigitation. A cette époque, plusieurs sorciers et sorcières ont été condamnés au bannissement par des cours de justice officielle pour le crime de mésalliance.
D’autre part, on oublie trop souvent que les anciennes familles de sorciers, dont sont majoritairement issus les Serpentards, ont elles-mêmes été la cible de nombreuses violences au cours des siècles. Si l’Inquisition de l’Eglise Moldue est souvent tournée en dérision par les ouvrages d’Histoire de la Magie, et si effectivement la plupart des véritables sorciers et sorcières arrêtés ont pu se soustraire à la mort, il n’en a pas été de même de leurs biens matériels. Maintes demeures ancestrales ont été brûlées, maintes fortunes dispersées : la famille Goyle, qui possédait la moitié du Northumberland, a été réduite à la misère et contrainte à demander l’asile à d’autres sorciers, refusant par fierté d’envoyer ses enfants à Poudlard pour dissimuler sa pauvreté. Jusqu’alors, les sympathisants de Serpentard tournaient plutôt leurs foudres contre les sorciers d’origine «impure», mais à cette époque, ils ont commencé à considérer les Moldus eux-mêmes comme une menace, et à chercher des moyens de les combattre ou de les contrôler. Plus tard, dans les années de désordre et de terreur qui ont accompagné les révoltes gobelines et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les mêmes familles ont été la cible de violentes campagnes de propagande de la part des autres sorciers. Pendant cette période, de nouveaux biens ont été confisqués au nom de prétextes plus ou moins convaincants, des titres de noblesses ont été abandonnés sous la pression générale (Ambrosius de Logres qui affirmait descendre d’Arthur et de Morgane a dû renoncer à ses prétentions et changer son nom en «Sorgel»), et certains sorciers ont même été bannis ou exécutés. Ces pages de l’histoire des sorciers d’Angleterre sont tellement sujettes à polémique qu’elles ont été édulcorées dans les récits officiels (notamment dans le manuel d’Histoire de la magie en usage à Poudlard), et seuls les sorciers des familles concernées continuent à les transmettre de bouche à oreille à leurs héritiers, entretenant ainsi un sentiment d’injustice et un désir de vengeance certes regrettable mais aussi compréhensible, compte tenu de la position «amnésique» adoptée par le Ministère.
Il semble que ce soit cette même rancœur latente vis à vis des Serpentard qui resurgit à présent, réveillée par l’horreur de la guerre et les tragédies hélas bien réelles auxquelles de nombreuses familles viennent d’être confrontées. On pointe du doigt la discrimination réclamée par Salazar Serpentard, en oubliant que deux autres Maisons pratiquaient aussi des formes de discrimination (Rowena Serdaigle par l’intelligence, Godric Gryffondor par le courage) et que seule Helga Poufsouffle prônait l’égalité entre les élèves. On cite les propos du Choixpeau magique, en oubliant qu’il coiffait jadis la tête de Gryffondor, et que malgré sa sagesse et son expérience, il est nécessairement prisonnier du point de vue de son ancien possesseur. Ne cite-t-il pas neuf fois sur dix la Maison Gryffondor comme premier choix? (2)
L’association entre la Maison Serpentard et les Pratiques Obscures serait-elle entachée des mêmes préjugés ? ... Vous le saurez en lisant demain la suite de cette dissertation.
1 : Et sans doute est-il bon de préciser, sans les excuser, que les sorciers en question ont agi en réponse à des insultes répétées de pêcheurs Moldus. Comme on le verra plus tard, cette précision n’est pas indifférente pour comprendre les fondements du comportement Serpentard envers les Moldus.
2 : Comme le confirme l’Histoire de Poudlard, Annexe II, Compendium des chansons de rentrée du Choixpeau Magique
Une autre joueuse ayant proposé un concours exigeant de chanter les louanges de la mal-aimée Maison Serpentard, j'ai trouvé amusant de présenter ma contribution sous la forme d'une copie d'élève...
Que ceux qui n'ont pas fini le tome 7 ne s'inquiètent pas, cette dissertation étant censée dater de 1982, elle ne contient aucun spoiler!
À l’heure où les horreurs de la guerre laissent place aux purges, aux tribunaux et aux règlements de compte, nombreux sont ceux qui remettent en cause les valeurs de la Maison fondée par Salazar Serpentard, dénoncent son implication aux côtés de Celui Dont Il Ne Faut Pas Prononcer le Nom, et vont jusqu’à réclamer son éradication.
Cependant le Choixpeau Magique et les traditions de Poudlard nous rappellent que l’Ecole n’est entière que si elle conserve ses quatre Maisons. Il semble donc nécessaire de nous interroger sur les valeurs réelles de la Maison Serpentard : est-elle historiquement et intrinsèquement liée à la magie noire et à l’obsession du sang pur? N’apporte-t-elle pas à la société des sorciers des éléments essentiels à sa survie?
Deux accusations reviennent dans les critiques formulées contre la Maison du Serpent : elle nourrirait de violents préjugés envers les Moldus et les sorciers d’ascendance moldue, et elle s’attacherait à des pratiques de magie noire condamnées par le Ministère de la Magie et le Code International.
De fait, il est impossible de nier que d’anciens élèves de la Maison Serpentard se rendent régulièrement coupables d’agressions contre les Moldus. Selon les dernières statistiques publiées par le Ministère, 56 % de ces agressions ont été commises par des ressortissants de Serpentard, et le pourcentage s’élève à 62 % si l’on prend en compte uniquement les agressions avec violence aboutissant à la mort ou un handicap permanent. Ce phénomène n’a rien de récent (ainsi le groupe de marins sorciers qui a créé en 1801 un nouveau poisson magique, le Sharak, entièrement couvert d'épines, destinées à déchirer les filets des Moldus, était déjà d’obédience Serpentard (1)), mais il s’est amplifié au cours du XXe siècle. Cette rancœur envers les Moldus est l’une des causes principales de l’adhésion des Serpentards aux thèses de certains mages noirs, au premier rang desquels Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom et Gellert Grindelwald, qui ont tous deux développé des thèses prônant l’asservissement des Moldus ou l’interdiction d’enseigner la magie aux sorciers d’ascendance moldue.
Cette idéologie est-elle intrinsèque à la Maison ? On peut le penser, car de telles idées sont prêtées au Fondateur de la Maison lui-même: « Serpentard disait : Il faut enseigner / Aux descendants des plus nobles lignées », nous rappelle le Choixpeau. Cette conviction est même présentée comme la cause du départ de Serpentard, et donc de la rupture de l’harmonie entre les quatre Fondateurs de Poudlard, ce qui fournit un nouvel argument aux détracteurs de Salazar Serpentard.
Malgré tout, une étude objective prenant en compte la dimension historique permet de relativiser cette accusation. Il convient avant tout de rappeler que la Fondation de Poudlard date du Haut Moyen-Age, période à laquelle l’idée d’une noblesse de sang était considérée comme naturelle tant chez les Moldus que chez les sorciers. L’ensemble de la société était persuadée de l’existence d’une telle division, et Serpentard n’était en rien une exception, il représentait même le courant de pensée majoritaire à son époque : « Point ne devons mêler, écrit le chroniqueur des Annales Britanniae, le noble et le vilain, comme dans nos potions nous savons séparer ces substances, de même nous devons le faire dans le monde. » Randolphus Pittiman, l’auteur de la biographie d’Uric le Follingue, rappelle qu’à l’époque, on considérait même que la magie pratiquée par les sorciers de sang pur (appelée Sorcellerie) était intrinsèquement différente de la «magie vulgaire» qui se révélait chez certains Moldus et passait pour une forme de prestidigitation. A cette époque, plusieurs sorciers et sorcières ont été condamnés au bannissement par des cours de justice officielle pour le crime de mésalliance.
D’autre part, on oublie trop souvent que les anciennes familles de sorciers, dont sont majoritairement issus les Serpentards, ont elles-mêmes été la cible de nombreuses violences au cours des siècles. Si l’Inquisition de l’Eglise Moldue est souvent tournée en dérision par les ouvrages d’Histoire de la Magie, et si effectivement la plupart des véritables sorciers et sorcières arrêtés ont pu se soustraire à la mort, il n’en a pas été de même de leurs biens matériels. Maintes demeures ancestrales ont été brûlées, maintes fortunes dispersées : la famille Goyle, qui possédait la moitié du Northumberland, a été réduite à la misère et contrainte à demander l’asile à d’autres sorciers, refusant par fierté d’envoyer ses enfants à Poudlard pour dissimuler sa pauvreté. Jusqu’alors, les sympathisants de Serpentard tournaient plutôt leurs foudres contre les sorciers d’origine «impure», mais à cette époque, ils ont commencé à considérer les Moldus eux-mêmes comme une menace, et à chercher des moyens de les combattre ou de les contrôler. Plus tard, dans les années de désordre et de terreur qui ont accompagné les révoltes gobelines et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les mêmes familles ont été la cible de violentes campagnes de propagande de la part des autres sorciers. Pendant cette période, de nouveaux biens ont été confisqués au nom de prétextes plus ou moins convaincants, des titres de noblesses ont été abandonnés sous la pression générale (Ambrosius de Logres qui affirmait descendre d’Arthur et de Morgane a dû renoncer à ses prétentions et changer son nom en «Sorgel»), et certains sorciers ont même été bannis ou exécutés. Ces pages de l’histoire des sorciers d’Angleterre sont tellement sujettes à polémique qu’elles ont été édulcorées dans les récits officiels (notamment dans le manuel d’Histoire de la magie en usage à Poudlard), et seuls les sorciers des familles concernées continuent à les transmettre de bouche à oreille à leurs héritiers, entretenant ainsi un sentiment d’injustice et un désir de vengeance certes regrettable mais aussi compréhensible, compte tenu de la position «amnésique» adoptée par le Ministère.
Il semble que ce soit cette même rancœur latente vis à vis des Serpentard qui resurgit à présent, réveillée par l’horreur de la guerre et les tragédies hélas bien réelles auxquelles de nombreuses familles viennent d’être confrontées. On pointe du doigt la discrimination réclamée par Salazar Serpentard, en oubliant que deux autres Maisons pratiquaient aussi des formes de discrimination (Rowena Serdaigle par l’intelligence, Godric Gryffondor par le courage) et que seule Helga Poufsouffle prônait l’égalité entre les élèves. On cite les propos du Choixpeau magique, en oubliant qu’il coiffait jadis la tête de Gryffondor, et que malgré sa sagesse et son expérience, il est nécessairement prisonnier du point de vue de son ancien possesseur. Ne cite-t-il pas neuf fois sur dix la Maison Gryffondor comme premier choix? (2)
L’association entre la Maison Serpentard et les Pratiques Obscures serait-elle entachée des mêmes préjugés ? ... Vous le saurez en lisant demain la suite de cette dissertation.
1 : Et sans doute est-il bon de préciser, sans les excuser, que les sorciers en question ont agi en réponse à des insultes répétées de pêcheurs Moldus. Comme on le verra plus tard, cette précision n’est pas indifférente pour comprendre les fondements du comportement Serpentard envers les Moldus.
2 : Comme le confirme l’Histoire de Poudlard, Annexe II, Compendium des chansons de rentrée du Choixpeau Magique
jeudi 14 février 2008
MILENA (EPISODE 6 AND LAST)
Milena Horakova moved her wand towards her head, her silvery hair suddenly lengthened in silvery mist, until they floated in the whole room and they were now sitting inside a giant Pensieve. Harry shivered, for Dumbledore was back again, younger and red-bearded.
He looked grave and concerned, but not about Harry, whom he ignored. Dumbledore was facing a handsome and golden-haired woman, the same woman Harry was sitting with in a cosy room. And he said to her, gently :
“What are you hoping for, Milena?”
“Does it sound silly if I say ‘redeem’?”
“Not to me. I believe it one of the most serious words in our world. But…”
Dumbledore paused, as if looking for words.
“You don’t think Gellert might regret, nor change?” she asked. Harry expected her to speak fiercely, with a kind of defiance, but she did not. She seemed just sad.
Dumbledore perceived this sadness, of course. He answered in a comforting but equally sad voice: “Don’t misunderstand me. I think he might. But even if… even if he does, he will never be allowed to be out of jail. No one would accept it. Even if you were right, if Gellert learns to feel remorse… he will never be free. He will endure his guilt in the darkest of jails. Lifelong. Are you aware of that? Are you… prepared to that?”
She threw her head back, and now she looked fierce, her deep blue eyes piercing Dumbledore’s.
“Do you really think that is the only important thing? Don’t you think that Gellert’s redemption does matter, even if he stays a prisoner? Don’t you think it could change things, in a way or another? Don’t you think it could change… not his own fate, but something of ours?”
And she was right, of course.
It had changed things, in a tiny but decisive way. Many years later, Grindelwald lied to Voldemort, laughed at him.
She had been right. And there was more in the stake than Gellert’s soul.
The mists were dissolving, as long as the younger Milena and Albus, and Harry was staring again to a very old woman.
“So he let you visit him…”
“He did. And I went, ans talked to him, week after week. Once per week, until the very end. Until he finally met his end.”
Proving her right in a way she couldn’t rejoice about, in the bitterest of ways.
Harry felt suddenly ashamed to have come and awaken such memories, memories that didn’t concern him in anything.
Something else was disturbing him, something about his own story, compared to this one, but he couldn’t find it.
The little girl entered the room in her dancing walk, picking a cake, looking curiously at Harry and smiling to the old witch, then walking away in the same fluent move. Had Milena walked like this, in her youth? Could it be… Harry thought at last, could she be Milena and Gellert’s grand-grand-daughter or something? He heard nothing about children. Or had she married after the war, with another wizard?
She was quite a mindreader after all, because she smiled and said: “I raised my sister’s children, and their children after them. I never had children of my own. I don’t know if that makes us better teachers.”
Then she stood up, came to him and took his hand.
“You shall not regret, Harry Potter. You shall not be too prompt to compare Tom Riddle and Gellert.”
And so he found it, the worm in his mind, the anguish he was going around for years. Dumbledore defeated Grindelwald without killing him. Had he the right to kill Voldemort, was he right to do it? Was it the only choice?
“I am sure Albus told you, Milena went on. Tom Riddle renounced his own soul while parting it into so many Horcruxes. He was far beyond redemption.”
“But where is the difference? Harry wondered aloud. I mean: what is it that made Grindelwald able to redeem, whil Voldemort wasn’t? What is it that mark the border beyond which there is no return?”
“I am not sure about that. I know little about Tom Riddle. However, Albus told me about his pasr, about his childhood, and I suppose one might find the difference there. Many darkness have their roots in childhood.”
And he wouldn’t have got a better answer, but that one felt really unsatisfactory. After all, Harry himself had a terrible childhood.
What was it that made him different, that made him change, and turn towards a way rather than another?
Then he saw again Milena and Dumbledore, how they both were, fierce and brilliant and sad.
And it was like a serene light illuminating him.
“It was you, he said quietly. It was because of you, and Dumbledore. He had met you. He had been… loved by you. Both of you. That’s a difference, a huge one. Haven’t you said that yourself? Encounters bind the course of your life forever. Well, Gellert Grindelwald encountered Albus Dumbledore and you, as a teenager.”
And I had my own encounters, he thought.
Not Voldemort, after all. But Ron, Hermione, Sirius — Ginny.
And he turned back to them. Every quests are about returns.
He looked grave and concerned, but not about Harry, whom he ignored. Dumbledore was facing a handsome and golden-haired woman, the same woman Harry was sitting with in a cosy room. And he said to her, gently :
“What are you hoping for, Milena?”
“Does it sound silly if I say ‘redeem’?”
“Not to me. I believe it one of the most serious words in our world. But…”
Dumbledore paused, as if looking for words.
“You don’t think Gellert might regret, nor change?” she asked. Harry expected her to speak fiercely, with a kind of defiance, but she did not. She seemed just sad.
Dumbledore perceived this sadness, of course. He answered in a comforting but equally sad voice: “Don’t misunderstand me. I think he might. But even if… even if he does, he will never be allowed to be out of jail. No one would accept it. Even if you were right, if Gellert learns to feel remorse… he will never be free. He will endure his guilt in the darkest of jails. Lifelong. Are you aware of that? Are you… prepared to that?”
She threw her head back, and now she looked fierce, her deep blue eyes piercing Dumbledore’s.
“Do you really think that is the only important thing? Don’t you think that Gellert’s redemption does matter, even if he stays a prisoner? Don’t you think it could change things, in a way or another? Don’t you think it could change… not his own fate, but something of ours?”
And she was right, of course.
It had changed things, in a tiny but decisive way. Many years later, Grindelwald lied to Voldemort, laughed at him.
She had been right. And there was more in the stake than Gellert’s soul.
The mists were dissolving, as long as the younger Milena and Albus, and Harry was staring again to a very old woman.
“So he let you visit him…”
“He did. And I went, ans talked to him, week after week. Once per week, until the very end. Until he finally met his end.”
Proving her right in a way she couldn’t rejoice about, in the bitterest of ways.
Harry felt suddenly ashamed to have come and awaken such memories, memories that didn’t concern him in anything.
Something else was disturbing him, something about his own story, compared to this one, but he couldn’t find it.
The little girl entered the room in her dancing walk, picking a cake, looking curiously at Harry and smiling to the old witch, then walking away in the same fluent move. Had Milena walked like this, in her youth? Could it be… Harry thought at last, could she be Milena and Gellert’s grand-grand-daughter or something? He heard nothing about children. Or had she married after the war, with another wizard?
She was quite a mindreader after all, because she smiled and said: “I raised my sister’s children, and their children after them. I never had children of my own. I don’t know if that makes us better teachers.”
Then she stood up, came to him and took his hand.
“You shall not regret, Harry Potter. You shall not be too prompt to compare Tom Riddle and Gellert.”
And so he found it, the worm in his mind, the anguish he was going around for years. Dumbledore defeated Grindelwald without killing him. Had he the right to kill Voldemort, was he right to do it? Was it the only choice?
“I am sure Albus told you, Milena went on. Tom Riddle renounced his own soul while parting it into so many Horcruxes. He was far beyond redemption.”
“But where is the difference? Harry wondered aloud. I mean: what is it that made Grindelwald able to redeem, whil Voldemort wasn’t? What is it that mark the border beyond which there is no return?”
“I am not sure about that. I know little about Tom Riddle. However, Albus told me about his pasr, about his childhood, and I suppose one might find the difference there. Many darkness have their roots in childhood.”
And he wouldn’t have got a better answer, but that one felt really unsatisfactory. After all, Harry himself had a terrible childhood.
What was it that made him different, that made him change, and turn towards a way rather than another?
Then he saw again Milena and Dumbledore, how they both were, fierce and brilliant and sad.
And it was like a serene light illuminating him.
“It was you, he said quietly. It was because of you, and Dumbledore. He had met you. He had been… loved by you. Both of you. That’s a difference, a huge one. Haven’t you said that yourself? Encounters bind the course of your life forever. Well, Gellert Grindelwald encountered Albus Dumbledore and you, as a teenager.”
And I had my own encounters, he thought.
Not Voldemort, after all. But Ron, Hermione, Sirius — Ginny.
And he turned back to them. Every quests are about returns.
mardi 12 février 2008
MILENA (EPISODE 5)
There were so many secrets about Dumbledore. So many hidden truths waiting for his death to reappear. So many sides he hadn’t expected. Had he heard about that one a few years earlier, Harry would probably have been horrified. Now he was able to welcome it with no more than mild surprise. So Dumbledore used to be in love with a man, and this man was the dark wizard Grindelwald : Harry found he could deal with it. And he went on listening the old witch’s melodic voice, without even a start.
“We shared many things indeed, Albus and I. But three of these things left the deepest print upon us, us both. To love Gellert, to have to fight him… and to lose a sister to him. Perhaps you don’t know about Ariana Dumbledore…”
“I do” Harry answered, and he couldn’t resist to ask : “Was it really him? Was it Grindelwald who killed her?”
“I never knew. Neither did he. I met Gellert a year after Ariana’s death, and she was only like an uneasy memory for him. He felt responsible in a way, as Albus did, and he was trying to forget this feeling. We spoke about her… later.”
Darkness and grief were haunting the room again. Harry almost felt the coldness he would always associate with Dementors. You don’t need a Dementor to feel the touch of despair. How do Muggles manage? he wondered briefly. How can they fight it without a Patronus? Then music sounded high and clear, darkness drew back, and that was part of the answer.
“He certainly killed my own sisters. We were all grown-ups at this time, and I carry this responsibility as well as Albus does for Ariana. You see… we were quite close, my sister and I. She was only a year older and she was a fierce and brave person. The war was perhaps at its worst, and our people were running desperate. Many times she tried to convince me to confront Gellert. She thought the same as you: that I would have been able to… Each time I refused. I fought my part, defeated many of his fellow wizards and thwarted a few of his plots but I was avoiding him. Or I should say we were avoiding each other, for he acted the same way. I wasn’t brave enough, as I said. But my sister was. A night came when she got information about Gellert’s actions, and she went to intercept him. Alone. She wasn’t really trying to kill him. She had never been somewhat of a duellist. She was trying to force me to come and do… my duty.”
Harry remembered his own decision, his own departure to duty and death. He wondered, as he often had, what it was to have a sister, or a brother, what sort of bond it could be. He promised to himself he would have at least two children. Then he thought about Fred and George, about Fred’s death and George’s pain, and the music was now echoing his own grief.
“I got her note, of course, Milena continued. But I wasn’t alone then, and my friends stopped me before I managed to Disapparate. They were trying to protect me, I suppose. Or they didn’t want to lose both my sister and me. I almost killed them for that. And when I finally escaped and went to my sister, it was too late. She was dead, Gellert was away, and I had to live with it.”
And she still has to, Harry realised. She still pays back. He awkwardly tried to distract her: “But Dumbledore said…”
“… I was right, yes, and you probably wonder when I managed to be right after so many errands.”
He blushed. She was the kind of women to make you blush with the utmost ease.
“It was later. After the end of the war. After Albus defeated Gellert and my conflict was over. I don’t believe I could have been right in anything during the war. I couldn’t even put things right inside my head. Then it has to be later. Gellert was in life custody, and we were trying to rebuild something, and rebuild ourselves. A few months passed, before I knew what I had to do. Or before I was actually ready to do it. That usually is the same moment. I went to the prison, and asked to talk to Gellert.”
Harry held on his breath. What could it be she wanted to say him, after they loved each other and fight each other, after he killed her own sister, after he lost the war? He could hardly imagine such feelings. He felt very young, for the first time since Voldemort’s fall.
“They refused, of course. Then I called to Dumbledore, knowing that he was the only one they would listen to. I remember this conversation very well, and I now know he did too. For what I told him happened to be right, after all.”
“We shared many things indeed, Albus and I. But three of these things left the deepest print upon us, us both. To love Gellert, to have to fight him… and to lose a sister to him. Perhaps you don’t know about Ariana Dumbledore…”
“I do” Harry answered, and he couldn’t resist to ask : “Was it really him? Was it Grindelwald who killed her?”
“I never knew. Neither did he. I met Gellert a year after Ariana’s death, and she was only like an uneasy memory for him. He felt responsible in a way, as Albus did, and he was trying to forget this feeling. We spoke about her… later.”
Darkness and grief were haunting the room again. Harry almost felt the coldness he would always associate with Dementors. You don’t need a Dementor to feel the touch of despair. How do Muggles manage? he wondered briefly. How can they fight it without a Patronus? Then music sounded high and clear, darkness drew back, and that was part of the answer.
“He certainly killed my own sisters. We were all grown-ups at this time, and I carry this responsibility as well as Albus does for Ariana. You see… we were quite close, my sister and I. She was only a year older and she was a fierce and brave person. The war was perhaps at its worst, and our people were running desperate. Many times she tried to convince me to confront Gellert. She thought the same as you: that I would have been able to… Each time I refused. I fought my part, defeated many of his fellow wizards and thwarted a few of his plots but I was avoiding him. Or I should say we were avoiding each other, for he acted the same way. I wasn’t brave enough, as I said. But my sister was. A night came when she got information about Gellert’s actions, and she went to intercept him. Alone. She wasn’t really trying to kill him. She had never been somewhat of a duellist. She was trying to force me to come and do… my duty.”
Harry remembered his own decision, his own departure to duty and death. He wondered, as he often had, what it was to have a sister, or a brother, what sort of bond it could be. He promised to himself he would have at least two children. Then he thought about Fred and George, about Fred’s death and George’s pain, and the music was now echoing his own grief.
“I got her note, of course, Milena continued. But I wasn’t alone then, and my friends stopped me before I managed to Disapparate. They were trying to protect me, I suppose. Or they didn’t want to lose both my sister and me. I almost killed them for that. And when I finally escaped and went to my sister, it was too late. She was dead, Gellert was away, and I had to live with it.”
And she still has to, Harry realised. She still pays back. He awkwardly tried to distract her: “But Dumbledore said…”
“… I was right, yes, and you probably wonder when I managed to be right after so many errands.”
He blushed. She was the kind of women to make you blush with the utmost ease.
“It was later. After the end of the war. After Albus defeated Gellert and my conflict was over. I don’t believe I could have been right in anything during the war. I couldn’t even put things right inside my head. Then it has to be later. Gellert was in life custody, and we were trying to rebuild something, and rebuild ourselves. A few months passed, before I knew what I had to do. Or before I was actually ready to do it. That usually is the same moment. I went to the prison, and asked to talk to Gellert.”
Harry held on his breath. What could it be she wanted to say him, after they loved each other and fight each other, after he killed her own sister, after he lost the war? He could hardly imagine such feelings. He felt very young, for the first time since Voldemort’s fall.
“They refused, of course. Then I called to Dumbledore, knowing that he was the only one they would listen to. I remember this conversation very well, and I now know he did too. For what I told him happened to be right, after all.”
jeudi 24 janvier 2008
MILENA (EPISODE 4)
There he stood, alone in a foreign country, with an old and powerful witch who used to be Grindelwald’s consort, and he had just told her about the Deathly Hallows, about how he united the three of them. Perhaps Dumbledore had said she was right, but never that she was righteous. There he stood, a trustful and childish fool, after so many traps. He grasped his wand, nervously.
Milena’s eyes, acute and bright, followed his movement.
“That isn’t the Elder Wand” she said slowly.
“No, Harry muttered. It was just… I was just… only for a brief moment… they are away now. I don’t own them anymore.”
Except for the Cloak, he thought, but he had fortunately turned off the Translatongue, and she wasn’t able to read his mind… was she?
And in a second, in a few quiet music notes, everything was over. The room was warm again, with hot tea and sweet cakes. She was old again, frail again, smiling again. But her smile was a sad one, he was now able to tell. Was it really like that, a sudden wave of darkness, barely a few seconds of tentation, enough to throw someone on a dead end? Was it like that when Dumbledore had tried to use the Stone?
“Then it happened. I’m not sure if I shall be happy.”
“Only for the briefest moment” Harry repeated. He was almost breathless, as he had been after his greatest perils.
She nodded dreamily. “Perhaps that was the only way. For the briefest moment. Death wouldn’t allow more. But it was enough, wasn’t it? You survived, and defeated Voldemort. It was enough for the world, who has its own ways of… regulation. Yes, I suppose that was all we could expect.”
But she looked even sadder. She was no more frightening at all, and Harry felt the urge to comfort this very old woman.
“But you were right. I had to own the Cloak first. I had it with me, when I… used the Stone. Sort of. The third Hallow. I had the Cloak with me. You were right. ”
But she shaked her head. “No. I might have been right about that, but I don’t think that is the matter Albus had in mind. I think he meant… a much deeper question. Much more essential.”
Deeper than Death? More essential than the Quest of the Hallows for people into it since they were teenagers?
Milena probably saw doubt in Harry’s eyes.
“Yes, she smiled, there are deeper things, closer to our hearts, even for old obsessive wizards like us. I told you the story had little to do with you. That is an ancient one, one that took place at the end of our first war, when Albus finally defeated Grindelwald.”
“I was wondering…” But Harry blushed again, felt tactless again. He was nothing of a diplomat.
“Please go on. Every wonder is appreciable.”
“Well, I was wondering… why you needed Dumbledore. Sure he was powerful and everything, but your people certainly had its great witches and wizards, too, able to challenge Grindelwald… I mean, yourself…”
“I would have been able to beat him? Perhaps you are right. Many people believed it then. Including my own sister.” The music became dark, bringing bitter grief and bleeding remorse. “Perhaps they were right. I will never know. But there was a great difference between Albus Dumbledore and me. He was brave, while I am not.”
“You cannot say that ! Harry exclaimed. You had been in love with Grindelwald, of course you…”
“And so was Albus. Why do you think he waited for so long? Why do you think he was so reluctant to confront Gellert, even when his very country was threatened? But he did it. He managed to do it, at end, and I didn’t. That’s the sole difference between the brave one and the coward. Some are able to go through their fears and act. Some aren’t. I was not.”
Milena’s eyes, acute and bright, followed his movement.
“That isn’t the Elder Wand” she said slowly.
“No, Harry muttered. It was just… I was just… only for a brief moment… they are away now. I don’t own them anymore.”
Except for the Cloak, he thought, but he had fortunately turned off the Translatongue, and she wasn’t able to read his mind… was she?
And in a second, in a few quiet music notes, everything was over. The room was warm again, with hot tea and sweet cakes. She was old again, frail again, smiling again. But her smile was a sad one, he was now able to tell. Was it really like that, a sudden wave of darkness, barely a few seconds of tentation, enough to throw someone on a dead end? Was it like that when Dumbledore had tried to use the Stone?
“Then it happened. I’m not sure if I shall be happy.”
“Only for the briefest moment” Harry repeated. He was almost breathless, as he had been after his greatest perils.
She nodded dreamily. “Perhaps that was the only way. For the briefest moment. Death wouldn’t allow more. But it was enough, wasn’t it? You survived, and defeated Voldemort. It was enough for the world, who has its own ways of… regulation. Yes, I suppose that was all we could expect.”
But she looked even sadder. She was no more frightening at all, and Harry felt the urge to comfort this very old woman.
“But you were right. I had to own the Cloak first. I had it with me, when I… used the Stone. Sort of. The third Hallow. I had the Cloak with me. You were right. ”
But she shaked her head. “No. I might have been right about that, but I don’t think that is the matter Albus had in mind. I think he meant… a much deeper question. Much more essential.”
Deeper than Death? More essential than the Quest of the Hallows for people into it since they were teenagers?
Milena probably saw doubt in Harry’s eyes.
“Yes, she smiled, there are deeper things, closer to our hearts, even for old obsessive wizards like us. I told you the story had little to do with you. That is an ancient one, one that took place at the end of our first war, when Albus finally defeated Grindelwald.”
“I was wondering…” But Harry blushed again, felt tactless again. He was nothing of a diplomat.
“Please go on. Every wonder is appreciable.”
“Well, I was wondering… why you needed Dumbledore. Sure he was powerful and everything, but your people certainly had its great witches and wizards, too, able to challenge Grindelwald… I mean, yourself…”
“I would have been able to beat him? Perhaps you are right. Many people believed it then. Including my own sister.” The music became dark, bringing bitter grief and bleeding remorse. “Perhaps they were right. I will never know. But there was a great difference between Albus Dumbledore and me. He was brave, while I am not.”
“You cannot say that ! Harry exclaimed. You had been in love with Grindelwald, of course you…”
“And so was Albus. Why do you think he waited for so long? Why do you think he was so reluctant to confront Gellert, even when his very country was threatened? But he did it. He managed to do it, at end, and I didn’t. That’s the sole difference between the brave one and the coward. Some are able to go through their fears and act. Some aren’t. I was not.”
lundi 21 janvier 2008
MILENA (EPISODE III)
(At end... Sorry for delay...)
“You are probably tired of teachers, but I always thought better to begin from the student’s knowledge. And I do not want to bore you with needless repetitions. What did you learn about my past ?”
“I know little about your country, but I read you were once a renowned journalist, and that you fought against Grindelwald during the forty’s. It was said you to be a very gifted witch, but you never accepted a ministerial appointment. You are told to be no friend with the late Professor Karkaroff, and to disagree with the uses of Durmstrang. You even offered private lessons to the families who shared your views and refused to send their children at Durmstrang. You are presented like… some subversive personality”, he ended quite shamefully. She looked so old and respectable, not even odd as Dumbledore had been. She really wasn’t the kind of person you would call “subversive”.
“I suppose that will stay more or less as my official biography. Have you ever noticed how biographies usually ignore the youth of people who live old? That won’t be the same for you, of course. Your child and youth’s accomplishments already make you famous.”
“Perhaps I won’t live old”, smiled Harry. Strange how he was able to smile about such things, now.
But she answered seriously : “I’m afraid you will.” And he felt uneasy again. Was she a prophetess of some kind? He had read nothing like that, but one might want to hide such a gift, that wasn’t especially comfortable. She didn’t look like a prophetess, but he had little experience, except for Professor Trelawney. She really hadn’t the slightest resemblance with Trelawney.
“However I was about your age when I did the most important encounter of my life. One of these encounters from which you will never recover. One that binds the course of your life forever.”
Harry wonders if he had met such an encounter. It would probably have been Voldemort. He found it quite depressive.
“It was a young and brilliant wizard, and we met in the way boys and girls usually do. We fell in love, and shared many things, not only a bed.”
He blushed, and felt stupid to do it. Of course old people had been young, and made love. Milena had been a beautiful woman. The man she used to love should have been a remarkable one indeed. Then he understood, and felt stupid again.
“Grindelwald, he said. You fell in love with Grindelwald.”
“Certainly. Many did. He had the most fascinating personality. But I was the one who shared his life, for years. Until the darkness falled.”
Was it really like that ? Love and youth and enthusiasm, then someday the darkness falling upon people like a storm?
“I shared his magic and his dreams, and even his quest for the Deathly Hallows. We were dreaming of a way to become both immortals, I suppose. That is very common to young lovers, wanting to be so for eternity. We spoke about them so many times, in so many long lovers’ nights, that I cannot recall these conversations otherwise than as a sole one, a very long and often interrupted one. For years, his… our ambitions took this only shape, this only path. You probably know this part of the story : the first Hallow we managed to trace was the Elder Wand. I remember we argued about the order. I was defiant towards the Wand, and quite certain the Tale of the Three Brothers was showing us the sole way to unite the three Hallows : we should possess the Cloak first. Gellert answered that was all fine, but we cannot afford the luxury to wait for the Cloak when the Wand was at hand. I still thought that was wrong, and the Cloak was the only way to protect us against the lethal powers of the two other Hallows. The Wand’s or Stone’s owner would die from them before he could find the other ones. That was probably our first major discordance.”
“And you were right !” Harry cried with no care of what he was revealing. “That was it ! You were right, but we only had the proof last year, when… when I…”
He stopped. There was a new light in Milena’s eyes, and she was now looking much younger, and much more powerful, as Dumbledore had been in his most threatening moments.
“You are probably tired of teachers, but I always thought better to begin from the student’s knowledge. And I do not want to bore you with needless repetitions. What did you learn about my past ?”
“I know little about your country, but I read you were once a renowned journalist, and that you fought against Grindelwald during the forty’s. It was said you to be a very gifted witch, but you never accepted a ministerial appointment. You are told to be no friend with the late Professor Karkaroff, and to disagree with the uses of Durmstrang. You even offered private lessons to the families who shared your views and refused to send their children at Durmstrang. You are presented like… some subversive personality”, he ended quite shamefully. She looked so old and respectable, not even odd as Dumbledore had been. She really wasn’t the kind of person you would call “subversive”.
“I suppose that will stay more or less as my official biography. Have you ever noticed how biographies usually ignore the youth of people who live old? That won’t be the same for you, of course. Your child and youth’s accomplishments already make you famous.”
“Perhaps I won’t live old”, smiled Harry. Strange how he was able to smile about such things, now.
But she answered seriously : “I’m afraid you will.” And he felt uneasy again. Was she a prophetess of some kind? He had read nothing like that, but one might want to hide such a gift, that wasn’t especially comfortable. She didn’t look like a prophetess, but he had little experience, except for Professor Trelawney. She really hadn’t the slightest resemblance with Trelawney.
“However I was about your age when I did the most important encounter of my life. One of these encounters from which you will never recover. One that binds the course of your life forever.”
Harry wonders if he had met such an encounter. It would probably have been Voldemort. He found it quite depressive.
“It was a young and brilliant wizard, and we met in the way boys and girls usually do. We fell in love, and shared many things, not only a bed.”
He blushed, and felt stupid to do it. Of course old people had been young, and made love. Milena had been a beautiful woman. The man she used to love should have been a remarkable one indeed. Then he understood, and felt stupid again.
“Grindelwald, he said. You fell in love with Grindelwald.”
“Certainly. Many did. He had the most fascinating personality. But I was the one who shared his life, for years. Until the darkness falled.”
Was it really like that ? Love and youth and enthusiasm, then someday the darkness falling upon people like a storm?
“I shared his magic and his dreams, and even his quest for the Deathly Hallows. We were dreaming of a way to become both immortals, I suppose. That is very common to young lovers, wanting to be so for eternity. We spoke about them so many times, in so many long lovers’ nights, that I cannot recall these conversations otherwise than as a sole one, a very long and often interrupted one. For years, his… our ambitions took this only shape, this only path. You probably know this part of the story : the first Hallow we managed to trace was the Elder Wand. I remember we argued about the order. I was defiant towards the Wand, and quite certain the Tale of the Three Brothers was showing us the sole way to unite the three Hallows : we should possess the Cloak first. Gellert answered that was all fine, but we cannot afford the luxury to wait for the Cloak when the Wand was at hand. I still thought that was wrong, and the Cloak was the only way to protect us against the lethal powers of the two other Hallows. The Wand’s or Stone’s owner would die from them before he could find the other ones. That was probably our first major discordance.”
“And you were right !” Harry cried with no care of what he was revealing. “That was it ! You were right, but we only had the proof last year, when… when I…”
He stopped. There was a new light in Milena’s eyes, and she was now looking much younger, and much more powerful, as Dumbledore had been in his most threatening moments.
jeudi 13 décembre 2007
MILENA (EPISODE 2)
(Same disclaimers...)
Now he was there, far across the sea and lands, staring at the woman Dumbledore had said to be right. At first he was afraid his pessimistic expectations would come true, because the old witch looked pale and frail and tired, almost exhausted. Then she, or the Translatongue, spoke : “You can light off this Charm. I speak your language.” He did as she said, heard her real voice, and wasn’t afraid any more, which was the usual reaction to Milena Horakova’s voice.
“Be very welcome, Harry Potter” she said in an incredibly melodic English, accentuated in a way he never heard, and would never heard again after her. “Please have a seat. I suppose you came for quite a long chat.”
He took place in an ancient high-backed ebony chair, and attempted to look at the room to dispel the charm of her voice. The stone walls were of a warm shade of gold, decorated with tapestries and paintings, not only enchanted ones but also Muggle motionless artworks. Harry saw the numerous books, old and new, the precious boxes, the elegant furniture: he knew little about such things, but the word of “taste” came to him. It was as if generations of witches and wizards with culture, taste, and probably money, had successively left their subtle touch to this place.
“Would you mind a little music ?” Milena asked politely, pointing at a coppery device looking like some vase full of metallic flowers shaped like brass.
He nodded, and rich sounds came from the device, piano and strings, too soft to be a disturbance but as present as if the orchestra would have been in that very room.
“Professor Dumbledore was fond of music too” he couldn’t help to say.
She smiled, but not happily : “Indeed. And that isn’t the only fondness we shared. But for that one, there are some obvious reasons. Music is a strong ally against Dark Arts. I find it more and more needed with the passing of time. Old age might be a Dark Art, too.”
And she looked old indeed, not because of wrinkles nor white hair, but for the sudden weight shadowing her shoulders. Harry had seen pictures of her in her youth, wearing strange old-fashioned robes, and she had been beautiful, tall and slender, fair-haired, with a gracious face and deep dark blue eyes. But he wasn’t able to tell if something of that beauty remained. He was too young. Or she was passed in a realm where physical beauty no longer mattered.
“You might be hungry. Or thirsty. I can offer you Russian tea and cakes, if you please.”
He nodded again, then answered, with effort : “Thank you, yes. You’re very kind. That was quite a long trip.” His voice sounded hoarse and ill-articulated after hers. But he was a polite boy, and she looks a little like some old Hogwarts’ teacher.
The tea was dark and strong. He added sugar. The cakes were good, both sweet and spicy. Mrs Weasley would have asked for the recipe. The thought of his mother-in-law helped him to feel better: she would have been perfectly at ease there, eating cakes and chatting with the old witch. The tea was probably helping, too. That was another thing Mrs Weasley knew about Defence Against Dark Arts.
So Harry was able to drink his cup, eat two cakes, and begin. Words came easily after all.
“I had a dream about Professor Dumbledore. I’m not sure that was a dream, but it took place after his death, so I have to suppose… A vision or something. We spoke of many subjects, but he said something about you.”
She was listening very attentively now, her head slightly leaned to her right.
“And you see, I had never heard about you, so I couldn’t have imagined your name.”
That sounded desperate, he thought.
But she said : “Of course you couldn’t. What did he say? What did Albus say, exactly?”
“He said you were right, after all.”
He expected something, of course, some violent reaction, some revelation. Nothing happened of that sort. She kept smiling in her neither happy nor sad way. Harry’s excitation falled off. There he was. A detail of no importance. May be a cake’s recipe after all.
She looked at him directly. Her eyes were still dark and deep, blue as an evening sky.
“And I suppose that during this conversation, you talked about both Voldemort and Grindelwald?”
Harry sustained his breath. She went on without an answer : “Of course you did. There are few questions worthy to delay a departure to the other world. Especially for someone like Albus Dumbledore. Only remorse and duty, love and death.”
We didn’t speak about love, Harry wanted to say, but he stopped. He wasn’t sure anymore. They might have had. They might have spoken exactly of the matters she had named.
“You know ? he dared. You know what he was talking about ?”
“I might. I suppose I do, yes. But that’s a long tale, in an old-womanish fashion. Are you sure you want to hear it? That is about things past and done, not even connected to you.”
Didn’t she know that anyone would listen to the longest tales, told by a voice like hers?
“I do, Harry answered gravely. I feel… I need to know more about Dumbledore, about what he was before I knew him. I came for this tale. It cannot be too long.”
Then she began, and the music from the copper vase changed, as if it was accompanying her storytelling.
Now he was there, far across the sea and lands, staring at the woman Dumbledore had said to be right. At first he was afraid his pessimistic expectations would come true, because the old witch looked pale and frail and tired, almost exhausted. Then she, or the Translatongue, spoke : “You can light off this Charm. I speak your language.” He did as she said, heard her real voice, and wasn’t afraid any more, which was the usual reaction to Milena Horakova’s voice.
“Be very welcome, Harry Potter” she said in an incredibly melodic English, accentuated in a way he never heard, and would never heard again after her. “Please have a seat. I suppose you came for quite a long chat.”
He took place in an ancient high-backed ebony chair, and attempted to look at the room to dispel the charm of her voice. The stone walls were of a warm shade of gold, decorated with tapestries and paintings, not only enchanted ones but also Muggle motionless artworks. Harry saw the numerous books, old and new, the precious boxes, the elegant furniture: he knew little about such things, but the word of “taste” came to him. It was as if generations of witches and wizards with culture, taste, and probably money, had successively left their subtle touch to this place.
“Would you mind a little music ?” Milena asked politely, pointing at a coppery device looking like some vase full of metallic flowers shaped like brass.
He nodded, and rich sounds came from the device, piano and strings, too soft to be a disturbance but as present as if the orchestra would have been in that very room.
“Professor Dumbledore was fond of music too” he couldn’t help to say.
She smiled, but not happily : “Indeed. And that isn’t the only fondness we shared. But for that one, there are some obvious reasons. Music is a strong ally against Dark Arts. I find it more and more needed with the passing of time. Old age might be a Dark Art, too.”
And she looked old indeed, not because of wrinkles nor white hair, but for the sudden weight shadowing her shoulders. Harry had seen pictures of her in her youth, wearing strange old-fashioned robes, and she had been beautiful, tall and slender, fair-haired, with a gracious face and deep dark blue eyes. But he wasn’t able to tell if something of that beauty remained. He was too young. Or she was passed in a realm where physical beauty no longer mattered.
“You might be hungry. Or thirsty. I can offer you Russian tea and cakes, if you please.”
He nodded again, then answered, with effort : “Thank you, yes. You’re very kind. That was quite a long trip.” His voice sounded hoarse and ill-articulated after hers. But he was a polite boy, and she looks a little like some old Hogwarts’ teacher.
The tea was dark and strong. He added sugar. The cakes were good, both sweet and spicy. Mrs Weasley would have asked for the recipe. The thought of his mother-in-law helped him to feel better: she would have been perfectly at ease there, eating cakes and chatting with the old witch. The tea was probably helping, too. That was another thing Mrs Weasley knew about Defence Against Dark Arts.
So Harry was able to drink his cup, eat two cakes, and begin. Words came easily after all.
“I had a dream about Professor Dumbledore. I’m not sure that was a dream, but it took place after his death, so I have to suppose… A vision or something. We spoke of many subjects, but he said something about you.”
She was listening very attentively now, her head slightly leaned to her right.
“And you see, I had never heard about you, so I couldn’t have imagined your name.”
That sounded desperate, he thought.
But she said : “Of course you couldn’t. What did he say? What did Albus say, exactly?”
“He said you were right, after all.”
He expected something, of course, some violent reaction, some revelation. Nothing happened of that sort. She kept smiling in her neither happy nor sad way. Harry’s excitation falled off. There he was. A detail of no importance. May be a cake’s recipe after all.
She looked at him directly. Her eyes were still dark and deep, blue as an evening sky.
“And I suppose that during this conversation, you talked about both Voldemort and Grindelwald?”
Harry sustained his breath. She went on without an answer : “Of course you did. There are few questions worthy to delay a departure to the other world. Especially for someone like Albus Dumbledore. Only remorse and duty, love and death.”
We didn’t speak about love, Harry wanted to say, but he stopped. He wasn’t sure anymore. They might have had. They might have spoken exactly of the matters she had named.
“You know ? he dared. You know what he was talking about ?”
“I might. I suppose I do, yes. But that’s a long tale, in an old-womanish fashion. Are you sure you want to hear it? That is about things past and done, not even connected to you.”
Didn’t she know that anyone would listen to the longest tales, told by a voice like hers?
“I do, Harry answered gravely. I feel… I need to know more about Dumbledore, about what he was before I knew him. I came for this tale. It cannot be too long.”
Then she began, and the music from the copper vase changed, as if it was accompanying her storytelling.
mardi 11 décembre 2007
MILENA (EPISODE 1)
Avertissement (à mes lecteurs non anglophones) : Je suis navrée, vraiment, mais cette histoire m'est venue en anglais. Ce n'est de toute façon qu'une petite fan-fiction à ma façon, née d'un rêve et de quelques livres, pas seulement Harry Potter.
Disclaimer (to my English-speakers readers) : Sorry about the laughable mistakes I probably did. It came in English. It happens to me sometimes. I may dream that, in a distant future, I'll be able to write properly in this language.
Long quests usually begin with the shortest sentences. Sometimes even with a single word. That is because quests have to deal with untold things, secrets hidden behind words and names. Many quests begin with no more than a name.
In our present case, it began with a very short sentence muttered by the late Professor Dumbledore in a dream, or a delirium, or at King’s Cross Station : "Milena was right after all."
And now Harry was searching for this woman he had never heard about, who might have been right about a question he ignored.
He was not only motivated by an obsessive curiosity about Albus Dumbledore’s past, whatever his friends were pretending. No, he felt that quest was an utmost necessity, his only chance to prove he had really talked with Dumbledore, not only imagined it.
At end, after weeks and months, tedious files’ reading and disturbing meetings with too-old-wizards, after a long trip through rain, wind and snow, and no less than three magic visas hanging from his broom, he was standing in a distant city, looking at the door of the woman called Milena, and trying to reason himself. Because — he thought — she was probably a too-old-witch herself, and her conversation would be as frustrating as his previous chats with Dumbledore’s old acquaintances. Because the late Professor had a strange way of thinking, and Milena could possibly be right about some candy’s recipe or some chamber music’s score. Because Harry was in the way to become wise, and knew that people are disappointingly less fascinating than their names.
But it was growing dark, and he just had a hard journey, and he felt slightly uneasy in the cold, shadowy street. So he climbed up the stairs and knocked. Both stairs and door were Charmed, he could feel it, something not unlike Legilimancy, unless his heart, and not his mind, was scanned. That was unusual, and disturbing, but not aggressive. The shiver of a familiar ghost, or the touch of a Pensieve. He realised how little he knew about foreign magic. He should have come with a guide, Viktor Krum would have come, had he asked for. He hadn’t, and it was now very late. The door opened.
A young girl, fair-haired like Fleur, was looking at him with curiosity. She spoke, and Harry activated the Translatongue Charm he had borrowed from Hermione.
“… never saw you before”, he understood, except that he was listening to the harmonious mature tones of the Translatongue, and not to a child voice.
“Er, he began, I’m a foreigner…” The same voice began to speak through his lips in a strange melodious language. He tried to stay focused. “From Britain. I came to talk with Milena Horakova.” He should have sent a letter, he should have asked a recommendation from the Department of International Cooperation… Harry wondered if the Translatongue would vocalize these thoughts, too. Hermione had warned him about that, it happened sometimes and was told to have caused some diplomatic crisis between wizards. “Could she possibly see me ?” he asked, almost desperately. Perhaps even hoped that she wouldn't. Such things happen, when you’re close of the end.
The girl stared at him for a while, with dreamy blue eyes not unlike Luna’s. She was too young to practice some high magic upon him, but he was feeling uneasy anyway.
Then she smiled, and the Translatongue covered her voice with a brief “Of course !”
Disclaimer (to my English-speakers readers) : Sorry about the laughable mistakes I probably did. It came in English. It happens to me sometimes. I may dream that, in a distant future, I'll be able to write properly in this language.
Long quests usually begin with the shortest sentences. Sometimes even with a single word. That is because quests have to deal with untold things, secrets hidden behind words and names. Many quests begin with no more than a name.
In our present case, it began with a very short sentence muttered by the late Professor Dumbledore in a dream, or a delirium, or at King’s Cross Station : "Milena was right after all."
And now Harry was searching for this woman he had never heard about, who might have been right about a question he ignored.
He was not only motivated by an obsessive curiosity about Albus Dumbledore’s past, whatever his friends were pretending. No, he felt that quest was an utmost necessity, his only chance to prove he had really talked with Dumbledore, not only imagined it.
At end, after weeks and months, tedious files’ reading and disturbing meetings with too-old-wizards, after a long trip through rain, wind and snow, and no less than three magic visas hanging from his broom, he was standing in a distant city, looking at the door of the woman called Milena, and trying to reason himself. Because — he thought — she was probably a too-old-witch herself, and her conversation would be as frustrating as his previous chats with Dumbledore’s old acquaintances. Because the late Professor had a strange way of thinking, and Milena could possibly be right about some candy’s recipe or some chamber music’s score. Because Harry was in the way to become wise, and knew that people are disappointingly less fascinating than their names.
But it was growing dark, and he just had a hard journey, and he felt slightly uneasy in the cold, shadowy street. So he climbed up the stairs and knocked. Both stairs and door were Charmed, he could feel it, something not unlike Legilimancy, unless his heart, and not his mind, was scanned. That was unusual, and disturbing, but not aggressive. The shiver of a familiar ghost, or the touch of a Pensieve. He realised how little he knew about foreign magic. He should have come with a guide, Viktor Krum would have come, had he asked for. He hadn’t, and it was now very late. The door opened.
A young girl, fair-haired like Fleur, was looking at him with curiosity. She spoke, and Harry activated the Translatongue Charm he had borrowed from Hermione.
“… never saw you before”, he understood, except that he was listening to the harmonious mature tones of the Translatongue, and not to a child voice.
“Er, he began, I’m a foreigner…” The same voice began to speak through his lips in a strange melodious language. He tried to stay focused. “From Britain. I came to talk with Milena Horakova.” He should have sent a letter, he should have asked a recommendation from the Department of International Cooperation… Harry wondered if the Translatongue would vocalize these thoughts, too. Hermione had warned him about that, it happened sometimes and was told to have caused some diplomatic crisis between wizards. “Could she possibly see me ?” he asked, almost desperately. Perhaps even hoped that she wouldn't. Such things happen, when you’re close of the end.
The girl stared at him for a while, with dreamy blue eyes not unlike Luna’s. She was too young to practice some high magic upon him, but he was feeling uneasy anyway.
Then she smiled, and the Translatongue covered her voice with a brief “Of course !”
mardi 6 novembre 2007
CANDIDATURE
Professeur de Défense Contre les Forces du Mal cherche poste, de préférence aux environs de Genève.
Le métier dont je rêve : enseigner la Défense Contre les Forces du Mal. Against the Dark Arts est meilleur, le mot dark est important, les ténèbres sont importantes.
J'en rêve depuis quelques années.
Et, enfin, je me demande pourquoi.
Pourquoi ce désir persiste.
Pourquoi je rêve d'enseigner ça, pourquoi j'y repense régulièrement, pourquoi il m'arrive d'imaginer des séances de cours, de prendre quelques notes, de rassembler en esprit du matériel.
Pas seulement écrire un manuel, non, enseigner, à de vrais élèves. C'est un appareil pédagogique qui m'occupe.
Et voilà, je crois, une partie de la réponse : parce que c'est utile. Peut-être l'enseignement le plus utile au monde. Même pour les Moldus.
Car il y a des ténèbres, et nous y sommes tous confrontés un jour ou l'autre. Il y en a dans le monde et il y en a dans nos âmes. Il y a le monstre bouffi de la Haine. Il y a les Monstres sous les Lits. Il y a le Désespoir qui nous tend d'affreux miroirs. Il y a les choses sombres qui se glissent dans les ténèbres et auxquelles nous refusons de croire. Il y a nos instincts les plus noirs. Il y a la souffrance, et la solitude, et la trahison. Il y a la Mort (qui n'est pas une Force du Mal, ni un Dark Art, mais qui en engendre, même si c'est contre son gré.) Il y a des abîmes bien plus profonds et bien plus anciens qu'on ne le prétend. Il y a la peur. Celle de la Nuit, par exemple.
Il y a des ténèbres, nous y sommes confrontés, ou le serons, même les Moldus, et il y a effectivement des Défenses pour s'en protéger.
Parmi lesquelles, bien sûr, la littérature, que j'enseigne "pour de vrai".
Alors voilà : je voudrais enseigner la Défense contre les Forces du Mal parce que de toutes les fonctions de la littérature, c'est celle qui m'est la plus chère.
Le métier dont je rêve : enseigner la Défense Contre les Forces du Mal. Against the Dark Arts est meilleur, le mot dark est important, les ténèbres sont importantes.
J'en rêve depuis quelques années.
Et, enfin, je me demande pourquoi.
Pourquoi ce désir persiste.
Pourquoi je rêve d'enseigner ça, pourquoi j'y repense régulièrement, pourquoi il m'arrive d'imaginer des séances de cours, de prendre quelques notes, de rassembler en esprit du matériel.
Pas seulement écrire un manuel, non, enseigner, à de vrais élèves. C'est un appareil pédagogique qui m'occupe.
Et voilà, je crois, une partie de la réponse : parce que c'est utile. Peut-être l'enseignement le plus utile au monde. Même pour les Moldus.
Car il y a des ténèbres, et nous y sommes tous confrontés un jour ou l'autre. Il y en a dans le monde et il y en a dans nos âmes. Il y a le monstre bouffi de la Haine. Il y a les Monstres sous les Lits. Il y a le Désespoir qui nous tend d'affreux miroirs. Il y a les choses sombres qui se glissent dans les ténèbres et auxquelles nous refusons de croire. Il y a nos instincts les plus noirs. Il y a la souffrance, et la solitude, et la trahison. Il y a la Mort (qui n'est pas une Force du Mal, ni un Dark Art, mais qui en engendre, même si c'est contre son gré.) Il y a des abîmes bien plus profonds et bien plus anciens qu'on ne le prétend. Il y a la peur. Celle de la Nuit, par exemple.
Il y a des ténèbres, nous y sommes confrontés, ou le serons, même les Moldus, et il y a effectivement des Défenses pour s'en protéger.
Parmi lesquelles, bien sûr, la littérature, que j'enseigne "pour de vrai".
Alors voilà : je voudrais enseigner la Défense contre les Forces du Mal parce que de toutes les fonctions de la littérature, c'est celle qui m'est la plus chère.
vendredi 17 mars 2006
GRYFFONDOR & SERDAIGLE
La plupart des gens ne réalisent pas. J'ai tellement l'air d'une intellectuelle, curieuse de tout savoir, champion de l'accomplissement académique, consacrée aux arts de l'esprit: ils ne réalisent pas. Seuls les plus proches voient cela.
Que je ne suis pas une Serdaigle, mais une Gryffondor. Que ma part Serdaigle est toute de surface, et qu'au fond, au coeur, là où cela compte, je suis viscéralement Gryffondor.
Hier, je l'ai été.
Parce qu'en moi la part qui compte et pense et pèse, et suit les fils de la raison, savait que cette décision était mauvaise, mauvaise à tous points de vue, personnels et collectifs. Je savais, et sais toujours, que c'est la faille des grèves d'enseignants, qui ne gênent personne puisque leur étendue est limitée par notre propre conscience professionnelle. Je savais et sais toujours que se déclarer gréviste et faire cours néanmoins était le comble de la bêtise, tout bénéfice pour l'Etat: aucune gêne occasionnée et une journée de salaire économisé. Oui, oui, j'ai défendu cette position vis à vis de mes collègues: venir travailler et se déclarer gréviste, c'est pervertir le système même de la grève.
Je le savais, et le sais toujours.
Et cependant j'ai fait cela: travailler et me déclarer gréviste.
Parce que je ne pouvais perdre cette journée, cours, visite de stagiaire, conseils de classe.
Et surtout parce que depuis des semaines je soutenais mon padawan et les autres étudiants dans leurs prises de position, et qu'en ne faisant pas cette grève je me serais sentie lâche et hypocrite, courageuse en paroles seulement et refusant de payer le prix de mon engagement. Le prix qu'eux payent, d'autre façon.
Alors je l'ai fait, en sachant l'absurdité.
Je suis Gryffondor: de ce peuple imbécile qui choisit le panache et les exigences de sa propre dignité plutôt que l'intelligence et même l'intérêt collectif.
Que je ne suis pas une Serdaigle, mais une Gryffondor. Que ma part Serdaigle est toute de surface, et qu'au fond, au coeur, là où cela compte, je suis viscéralement Gryffondor.
Hier, je l'ai été.
Parce qu'en moi la part qui compte et pense et pèse, et suit les fils de la raison, savait que cette décision était mauvaise, mauvaise à tous points de vue, personnels et collectifs. Je savais, et sais toujours, que c'est la faille des grèves d'enseignants, qui ne gênent personne puisque leur étendue est limitée par notre propre conscience professionnelle. Je savais et sais toujours que se déclarer gréviste et faire cours néanmoins était le comble de la bêtise, tout bénéfice pour l'Etat: aucune gêne occasionnée et une journée de salaire économisé. Oui, oui, j'ai défendu cette position vis à vis de mes collègues: venir travailler et se déclarer gréviste, c'est pervertir le système même de la grève.
Je le savais, et le sais toujours.
Et cependant j'ai fait cela: travailler et me déclarer gréviste.
Parce que je ne pouvais perdre cette journée, cours, visite de stagiaire, conseils de classe.
Et surtout parce que depuis des semaines je soutenais mon padawan et les autres étudiants dans leurs prises de position, et qu'en ne faisant pas cette grève je me serais sentie lâche et hypocrite, courageuse en paroles seulement et refusant de payer le prix de mon engagement. Le prix qu'eux payent, d'autre façon.
Alors je l'ai fait, en sachant l'absurdité.
Je suis Gryffondor: de ce peuple imbécile qui choisit le panache et les exigences de sa propre dignité plutôt que l'intelligence et même l'intérêt collectif.
samedi 3 septembre 2005
ET PLUS SI AFFINITES...
Et tous les autres…
Pleurer de lourdes larmes d’adolescente sur la mort d’Eric Jansen, le jour de ses 18 ans, et découvrir le poids de l’irréversible;
Sur le pont d’un navire, la nuit, chercher vainement la trace d’un fantôme bien-aimé, et m’abandonner aux baisers savants de Caine, à l’habileté de ses mains brunes, sans jamais lui faire confiance;
Voir la ville de Palanthas à l’envers, du sommet de la Tour de Haute Sorcellerie, et révéler mes propres ténèbres avec mon désir pour un elfe noir;
Atteindre à la fusion des esprits et des corps que permet le laran et tout partager avec Regis Hastur, devoir et amour, et nous donner la force de changer Ténébreuse au lever du soleil sanglant;
Dans la plus haute tour d’une cité recréée de l’oubli, danser dans les doigts musiciens d’Alessan et boire à ses lèvres le vin bleu;
Goûter à l’inventivité de Violette Baudelaire et nouer son ruban aux endroits les plus inattendus, avant la prochaine catastrophe;
Croiser Corto dans une rue de Venise, sur une plage d’Irlande, et parler doucement des histoires qui ne seront pas;
Me laisser emporter aux bras rugissants de Lestat, aux éclats de son rire, aux triomphes de son feu, et oublier pour une nuit qu’il me ressemble comme un frère;
Tirer Padmé de ses cauchemars, et glisser sans y penser de l’amitié à l’étreinte dans les douces boucles de ses cheveux;
Dans la fulgurance d’une seconde ou d’une vie, comprendre qu’Heylel est l’absolu d’amour que je cherche, le voir me reconnaître aussi, et être forcée de le sacrifier au monde;
Dans l’eau des Caraïbes ou d’une planète exotique, me laisser convaincre par Isa et Cyann que la beauté et la force sont femmes, du moins jusqu’à nos prochaines aventures;
En Fionavar me souvenir de la blonde audace de Diarmaid, épouser le sombre et droit Ailéron, et quitter le monde des hommes au côté d’un loup argenté revenu dans la Lumière;
Etre plus proche de Remus que d’un frère, que d’un amant, que d’un époux, et ne jamais le dire, ne jamais aller jusqu’au baiser, irrémédiablement séparés par le fantôme chéri entre nous;
Traverser la nuit sur les ailes dorées d’un dragon, et trouver le repos ardent et la douce torture entre les bras du seigneur de Ruatha;
Désirs réprimés, affrontements, interdits, sublimations: être l’élève et la nièce de Luke Skywalker et changer en triangle son lien avec la redoutable Mara Jade;
En un siècle d'intrigue et d'honneur, tout faire pour mériter l'amour et le respect d'Athos, sans pouvoir m'empêcher de désirer Aramis;
Quand la guerre est la seule fin possible, ouvrir ma couche aux caresses subtiles d’Ammar et à la tendresse virile de Rodrigo, et me souvenir qu’il n’est pas mal pour une femme d’aimer deux hommes — ni quarante.
Et d’autres, d’autres.
Aussi une promesse et un silence: celui que j’ai promis d’écrire puisque tu me fais cette grâce, breda — celui que j’ai écrit déjà et qu’il me faut taire, ici.
Mes très aimés.
(Eric Jansen ©Serge Dalens, Le Prince Eric ; Caine ©Roger Zelazny, le Cycle d’Ambre ; Dalamar ©Weis & Hickman, Dragonlance ; Regis Hastur ©Marion Zimmer Bradley, Ténébreuse ; Alessan ©Guy Gavriel Kay, Tigane ; Violette Baudelaire ©Lemony Snicket, Les Désastreuses Aventures… ; Corto Maltese ©Hugo Pratt ; Lestat ©Anne Rice, Chroniques des Vampires ; Padmé Amidala, Luke Skywalker et Mara Jade ©Star Wars ; Heylel Téomin Thoabath ©Mage l’Ascension ; Isa et Cyann ©François Bourgeon ; Diarmaid, Ailéron et Galadan ©Guy Gavriel Kay, La Tapisserie de Fionavar ; Remus Lupin ©J.K. Rowling, Harry Potter ; Alessan de Ruatha ©Anne McCaffrey, Pern ; Athos et Aramis ©Alexandre Dumas, le cycle des Mousquetaires ; Ammar et Rodrigo ©Guy Gavriel Kay, Les Lions d’Al-Rassan)
Pleurer de lourdes larmes d’adolescente sur la mort d’Eric Jansen, le jour de ses 18 ans, et découvrir le poids de l’irréversible;
Sur le pont d’un navire, la nuit, chercher vainement la trace d’un fantôme bien-aimé, et m’abandonner aux baisers savants de Caine, à l’habileté de ses mains brunes, sans jamais lui faire confiance;
Voir la ville de Palanthas à l’envers, du sommet de la Tour de Haute Sorcellerie, et révéler mes propres ténèbres avec mon désir pour un elfe noir;
Atteindre à la fusion des esprits et des corps que permet le laran et tout partager avec Regis Hastur, devoir et amour, et nous donner la force de changer Ténébreuse au lever du soleil sanglant;
Dans la plus haute tour d’une cité recréée de l’oubli, danser dans les doigts musiciens d’Alessan et boire à ses lèvres le vin bleu;
Goûter à l’inventivité de Violette Baudelaire et nouer son ruban aux endroits les plus inattendus, avant la prochaine catastrophe;
Croiser Corto dans une rue de Venise, sur une plage d’Irlande, et parler doucement des histoires qui ne seront pas;
Me laisser emporter aux bras rugissants de Lestat, aux éclats de son rire, aux triomphes de son feu, et oublier pour une nuit qu’il me ressemble comme un frère;
Tirer Padmé de ses cauchemars, et glisser sans y penser de l’amitié à l’étreinte dans les douces boucles de ses cheveux;
Dans la fulgurance d’une seconde ou d’une vie, comprendre qu’Heylel est l’absolu d’amour que je cherche, le voir me reconnaître aussi, et être forcée de le sacrifier au monde;
Dans l’eau des Caraïbes ou d’une planète exotique, me laisser convaincre par Isa et Cyann que la beauté et la force sont femmes, du moins jusqu’à nos prochaines aventures;
En Fionavar me souvenir de la blonde audace de Diarmaid, épouser le sombre et droit Ailéron, et quitter le monde des hommes au côté d’un loup argenté revenu dans la Lumière;
Etre plus proche de Remus que d’un frère, que d’un amant, que d’un époux, et ne jamais le dire, ne jamais aller jusqu’au baiser, irrémédiablement séparés par le fantôme chéri entre nous;
Traverser la nuit sur les ailes dorées d’un dragon, et trouver le repos ardent et la douce torture entre les bras du seigneur de Ruatha;
Désirs réprimés, affrontements, interdits, sublimations: être l’élève et la nièce de Luke Skywalker et changer en triangle son lien avec la redoutable Mara Jade;
En un siècle d'intrigue et d'honneur, tout faire pour mériter l'amour et le respect d'Athos, sans pouvoir m'empêcher de désirer Aramis;
Quand la guerre est la seule fin possible, ouvrir ma couche aux caresses subtiles d’Ammar et à la tendresse virile de Rodrigo, et me souvenir qu’il n’est pas mal pour une femme d’aimer deux hommes — ni quarante.
Et d’autres, d’autres.
Aussi une promesse et un silence: celui que j’ai promis d’écrire puisque tu me fais cette grâce, breda — celui que j’ai écrit déjà et qu’il me faut taire, ici.
Mes très aimés.
(Eric Jansen ©Serge Dalens, Le Prince Eric ; Caine ©Roger Zelazny, le Cycle d’Ambre ; Dalamar ©Weis & Hickman, Dragonlance ; Regis Hastur ©Marion Zimmer Bradley, Ténébreuse ; Alessan ©Guy Gavriel Kay, Tigane ; Violette Baudelaire ©Lemony Snicket, Les Désastreuses Aventures… ; Corto Maltese ©Hugo Pratt ; Lestat ©Anne Rice, Chroniques des Vampires ; Padmé Amidala, Luke Skywalker et Mara Jade ©Star Wars ; Heylel Téomin Thoabath ©Mage l’Ascension ; Isa et Cyann ©François Bourgeon ; Diarmaid, Ailéron et Galadan ©Guy Gavriel Kay, La Tapisserie de Fionavar ; Remus Lupin ©J.K. Rowling, Harry Potter ; Alessan de Ruatha ©Anne McCaffrey, Pern ; Athos et Aramis ©Alexandre Dumas, le cycle des Mousquetaires ; Ammar et Rodrigo ©Guy Gavriel Kay, Les Lions d’Al-Rassan)
lundi 29 août 2005
S’aimer dans le noir. Me faufiler dans les ténèbres de son cachot, le réchauffer à ma folie, mon corps en rempart contre le froid suintant du désespoir. Ou nous apprivoiser doucement dans la nuit à ses couleurs, au plus profond de la Forêt Interdite. Ou nous enlacer dans l’urgence à l’angle d’un couloir, dans la maison de sa mère, et profaner chaque pièce de nos étreintes. S’aimer sans savoir si l’aube se lèvera, si les prisons s’ouvriront, si nous serons vivants demain.
Décliner nos premiers baisers. Le sentir dans un rêve effleurer d’audace mes lèvres d’enfant, me battre pour qu’il saute le pas dans le dédale de ses craintes, voir tomber nos barrières et sa bouche écraser enfin nos différences, caresser son corps amaigri, aimer sa beauté enfuie, et lui jurer que c’est mieux ainsi, que je n’aurais pas aimé le bel adolescent arrogant d’autrefois.
Et mentir, car je sais trop que je l’aurais désiré aussi, aimé aussi. Revenir en arrière, élargir le temps et goûter ces plaisirs-là, rivaliser, se refuser jusqu’à n’en plus pouvoir, s’abandonner à cette fausse nonchalance, à cette ombre sauvage rôdant derrière son sourire, regarder la nuit ensemble et savoir qu’il sera toujours ma plus brillante étoile.
Etreindre son fantôme. Danser dans mes larmes, chanter sa perte non moins déchirante d’être prévue, fermer mes bras sur son absence, attendant l’heure où je pourrai entreprendre le long voyage dans les brumes pour le rejoindre, de l’autre côté des voiles du monde. Lui demander pardon.
Sirius Black
(J.K. Rowling, Harry Potter)
Décliner nos premiers baisers. Le sentir dans un rêve effleurer d’audace mes lèvres d’enfant, me battre pour qu’il saute le pas dans le dédale de ses craintes, voir tomber nos barrières et sa bouche écraser enfin nos différences, caresser son corps amaigri, aimer sa beauté enfuie, et lui jurer que c’est mieux ainsi, que je n’aurais pas aimé le bel adolescent arrogant d’autrefois.
Et mentir, car je sais trop que je l’aurais désiré aussi, aimé aussi. Revenir en arrière, élargir le temps et goûter ces plaisirs-là, rivaliser, se refuser jusqu’à n’en plus pouvoir, s’abandonner à cette fausse nonchalance, à cette ombre sauvage rôdant derrière son sourire, regarder la nuit ensemble et savoir qu’il sera toujours ma plus brillante étoile.
Etreindre son fantôme. Danser dans mes larmes, chanter sa perte non moins déchirante d’être prévue, fermer mes bras sur son absence, attendant l’heure où je pourrai entreprendre le long voyage dans les brumes pour le rejoindre, de l’autre côté des voiles du monde. Lui demander pardon.
Sirius Black
(J.K. Rowling, Harry Potter)
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