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mercredi 17 août 2011

Saison de la Créativité (et de la Frustration?)

Cela m'arrive chaque année, pendant la deuxième moitié du mois d'août.
Même l'an dernier, alors que je vivais les dernières semaines de ma grossesse, et que j'avais bien autre chose à penser. Et de nouveau cette année, alors que seule avec le Crapion Terrible toute la journée j'ai encore moins de temps libre.
Et pourtant.
Sans doute n'est-ce donc pas la solitude estivale qui engendre ces idées. Il faut alors que ce soit l'approche d'une nouvelle rentrée. C'est plus inquiétant. Cela dit, d'une façon ou d'une autre, que mon métier ne me satisfait pas entièrement et que chaque année j'ai le désir et le regret d'une autre carrière.
Celle de l'écriture.

Certaines années, j'ai réellement écrit et achevé un texte à cette période. Ce fut le cas par exemple du "Tribunal des Corbeaux", publié dans la regrettée revue Monk. Ou de "Tu Retourneras à la Poussière", encore inédit.
L'an dernier, grâce à l'ami Jorune, je fourmillais d'idées pour un univers romanesque. Nul roman n'en est né, même si j'ai l'excuse d'une autre naissance, très biologique celle-là, quelques jours plus tard.
Cette année, je rêve d'un feuilleton littéraire et délirant, à la façon de mon bien-aimé XIXème siècle, écrit avec mes collègues de lettres, quelque chose de loufoque et d'outrancier, un brin potache aussi.
Je rêve aussi, de façon moins nostalgique, d'un vrai ebook, d'une narration interactive, écrite pour ce support palpitant et pas seulement "enrichie". Quelque chose dans l'esprit de Varytale ou des Studios Walrus.
Et à l'occasion de notre travail sur les villes imaginaires pour "Littérature et Société", je me reprends à rêver de ce roman jamais écrit sur la Ville-Etoile, la Cité aux Neuf Vies, diamant imaginaire dont "Ave, Ignis" dans Flammagories n'était qu'un fragment arraché.

Et, comme les autres, comme tous ceux qui n'écrivent pas, ou pas assez, j'en fait un billet sur mon blog au lieu d'un vrai roman.

lundi 3 août 2009

BILANS D'ÉTÉ

L'été a toujours été pour moi la saison des bilans et des résolutions. Le passage des ans, pour moi comme pour tous ceux dont le rythme est scolaire, se fait lors des vacances d'été et non pas du changement de date, aussi invisible que sa ligne à travers l'océan.

Celui-ci est paisible. Cela me plaît et me déplaît, car je suis exigeante et folle, et me défie de la paresse. Je suis de ceux qui voudraient chaque journée productive. Non pas en termes économiques, certes, mais productive : en travail, en création, en avancement d'une sorte ou d'une autre.
Ainsi l'été et sa langueur m'inspire depuis longtemps la méfiance. La chaleur, la vacance elle-même, incitent à l'assoupissement, à l'écoulement des journées comme l'eau et le sable. L'été est une saison fuyante.

Je m'en défie d'autant plus qu'il me tente : glisser doucement dans l'inactivité et les douces lectures est une de mes tentations les plus aiguës.
Et je me dis qu'il serait sot de refuser ces douceurs-là, ces plaisirs-là, beaux et simples.
Car j'aime : passer du temps avec mon Aimé, avec des amis trop peu vus cette année, lire beaucoup, jouer enfin, frémir face à l'Horreur d'Arkham ou de Dunwich, entraîner des agents de l'Empire Britannique à travers un Grand Tour, de Douvres à Rome, rêver d'être une femme fatale dans une cité noire et corrompue, une guerrière Féerique traversant la neige et le sang…

Mais j'aurais voulu travailler plus. Ecrire surtout.

Dans ce domaine, une mauvaise nouvelle : la publication de mon adaptation de la Belle au Bois Dormant, "Une histoire de désir", dans la très prometteuse anthologie Contes de villes et de fusées, est ajournée sine die. La crise, qui rôde dans tous les journaux, que l'été assourdit sans endormir, me frappe là où je ne l'attendais pas. Affaire à suivre, j'espère. J'ai eu la chance de lire le fichier avant épreuves, et les contes de Lionel Davoust, Mélanie Fazi, Léonor Lara et Pierre-Alexandre Sicart sont de toute beauté. J'aurais été honorée de paraître parmi de tels textes. Et je récuse ce conditionnel : je serai honorée !

Mais une bonne nouvelle, imprévue et reçue à l'instant : ma vision des mythes d'Ariane, Phèdre et Thésée, intitulée sans la moindre originalité "Le Labyrinthe" paraîtra dans les Actes du colloque universitaire Autour du Minotaure. A cette occasion, je participerai au colloque à Clermont-Ferrand en janvier prochain. Détails à suivre.

samedi 1 novembre 2008

SAISONS

Je viens d'une ville au Sud.
Je viens d'un pays où les saisons ne sont que des dates dans un calendrier, où il ne reste d'elles que quelques jalons, quelques platanes qui perdent leurs feuilles, quelques fêtes, quelques changements de tenue.
Alors que les saisons sont rythmes, cycles — couleurs, surtout.

Les saisons sont couleurs, comme sur les images des livres d'enfants, comme sur ce puzzle que j'aimais tant, le même village passant de mois en mois, se métamorphosant, se parant de teintes nouvelles, de codes nouveaux.
Les saisons font le monde métamorphe.
A présent, je le vois.

L'explosion jaune des prés de jonquilles au printemps.
L'explosion d'or et de sang, de flamme et de pelages roux, des forêts de feuillus à l'automne.
Si violentes et si fugaces, des moments à saisir, vous passez une semaine trop tôt, une semaine trop tard, et c'est prdu, vous ne les verrez pas cette fois, repassez dans un an.
Le miracle plus durable de blanc et de cristal, le miracle narnien des sapins alourdis par la neige, éclairés de stalactites, des lacs gelés, des souffles suspendus dans l'air glacé.
A présent, je le vois.
A présent je peux mesurer le temps ainsi — le temps des perce-neiges et celui des jonquilles, le temps des moissons et celui du regain, le temps des premières neiges, la valse hésitante que se livrent l'automne et l'hiver, à savoir qui prendra le pas sur l'autre, que se livrent à nouveau l'hiver et le printemps. Les saisons d'équinoxes n'ont pas la tâche facile. Leurs soeurs n'en finissent pas de leur voler la vedette, de déborder dans leur lit, d'envahir leur territoire, d'été indien en hiver précoce.
Mais elles ont les couleurs. Les plus chaudes, les plus éclatantes. Elles ont la lumière et le charme des beautés éphémères.

Ne croyez pas que les frontières des saisons ne soient que calendaires.
Elles sont aussi géographiques.
L'espace et le temps s'emmêlent, au pays où je vis, et il nous arrive souvent d'aller passer le week-end dans une autre saison.
Il suffit de monter en voiture, de prendre le chemin du Col de la Faucille. De monter.
Petit à petit nous changeons de royaume.
Les arbres sont de moins en moins verts. Les feuilles se teintent de roux, se couvrent de sang séché, les reliefs craquants de l'automne envahissent la route.
Et nous montons.
Les feuilles tombent des arbres. L'air se fait plus froid, commence à voltiger devant nous, en flocons. Bientôt les champs seront blancs et les chalets se réfugieront sous les sapins. Bientôt nous serons en Hiver.
Et le lendemain, nous redescendrons, ferons le chemin à l'envers, passerons à nouveau la frontière des brumes, jusqu'à la plaine où s'achève l'été.

Car il en est ainsi, au pays où je vis,
où se sont réfugiées les saisons.

lundi 26 mars 2007

L'HEURE DÉROBÉE

Bien sûr, je n'ai jamais aimé ce changement d'heure. Qui l'aime? Il nous arrache du lit une heure plus tôt, et nous éloigne du soleil en prétendant nous annoncer l'été.
Mais cette année c'est bien pire.
On nous a volé cette heure, cette année.

Une sale convention qui se glisse en douce dans notre havre, à l'heure de tous les crimes, pour commettre l'un des pires qui soient. Pour dérober une heure, sans espoir de retour, assassiner soixante onces du plus précieux de nos trésors: le temps passé ensemble. Le temps à Nous, à la fin d'une semaine sombre où nous avions été séparés plus longtemps que de coutume.

Cette année c'est pire parce que le changement précédent ne saurait compenser celui-ci.
Les heures n'ont pas toute la même longueur, vous savez bien, pas toutes le même poids ni le même prix. Il y a les heures de travail et les heures de vacances, les heures d'embouteillages, les heures de migraine, les heures de jeu, les heures de sommeil. Il y a les heures d'amour.

Le changement précédent, l'heure offerte doucement au creux d'un dimanche d'automne, une heure pour se blottir, pour apprivoiser l'ombre et entamer l'Avent... Le changement précédent, que j'ai toujours chéri, était venu cette année aggraver l'attente, au temps où nous étions séparés par le fer et le sang.

Une heure de plus où nous agonisions d'attente.
Une heure de moins où nous nous blottissions ensemble.
Voilà un double crime qui demande réparation.
Une éternité ensemble. Au moins.

jeudi 20 juillet 2006

ÉTAT OPTIMISTE DES LIEUX

Pour faire reculer la rage.
Pour me souvenir des belles choses.
Pour ne pas la laisser me gâcher complètement mes vacances.
Et aussi parce qu'on me l'a demandé.

J'ai donc, malgré la chaleur, porté le deuil d'un super-héros (jeune, brillant, aimé) et à grand peine organisé ses funérailles, du mieux que j'ai pu. Il me reste à espérer son retour.
J'ai aussi acheté trois corsets (un en velours bleu roi, un violet orné de dentelles noires, un de soie rouge brodée d'or) et en ai porté un. Occasions à suivre et à provoquer.
J'ai pris un bain à minuit, sinon un bain de minuit, dans une piscine illuminée de l'intérieur, dans la pinède.
J'ai passé une nuit presque blanche à discuter comme une adolescente avec une très vieille amie.
J'ai pris le temps de rêver.
J'ai reçu d'adorables nouvelles de certains qui me manquaient (surtout, continuez !)
J'ai aussi fait des choses qui n'étaient pas prévues à la liste, mais furent douces, belles et bonnes, néanmoins.
Je suis devenue maître du monde, le temps d'un week-end, et j'ai dansé sur les chemins de Féérie.
Je suis morte et re-née et devenue immortelle.
J'ai revu de vieux amis, j'en ai accueilli certains à la maison.
J'ai reçu une musique merveilleuse et longtemps attendue, avec un mot qui parlait aussi d'alchimie et d'immortalité.
Je me suis souvenue que j'avais un faible pour...
J'ai admis que j'étais amoureuse de...

Ce sont, aussi, les miracles de l'été.

dimanche 9 juillet 2006

SAISON DES AMOURS

'ai toujours peu de goût pour l'été. Cependant je redécouvre à quel point l'été a le goût des amours.
Et ce n'est pas, je crois, à cause du soleil aphrodisiaque, des corps découverts, des peaux moites de chaleur.
Bien sûr il y a la clarté troublante de l'eau des piscines à minuit, l'envol des jupes sur les jambes nues, le miel des peaux, le poids des cheveux trempés.
Mais c'est surtout à cause du loisir, du temps libre.
Le temps libre est l'espace dont l'amour a besoin pour s'épanouir, pour défroisser ses corolles usées par le costume de travail, pour étirer ses membres engourdis et déployer son imaginaire.
L'amour est à son aise en vacances.
Les longues journées d'été l'ensemencent, le bercent, le cajolent. Les douces nuits d'été irriguent ses rêveries, font éclore ses fleurs surprenantes. Les songes de mi-été sont toujours des songes amoureux.

L'été dernier je déclinais les étreintes de mes amours littéraires. Cet été mes nuits s'imprègnent de visages réels, d'amours de ce monde-ci. Il n'y a pas si grande différence entre les deux. La saveur est la même, le sucre interdit qui emplit le palais, les guirlandes enlacées des bras, les mots épars dans les jardins du Midi, quand la chaleur se fait moins lourde.
Les mêmes jeux.
L'amour est un jeu, délicieux, immoral, mortel, excitant, mais un jeu, où l'on triche, ment, prend et donne, où l'on risque, se jette, se drogue, s'oublie et retrouve des vérités perdues. Où les mots se frottent, les langues s'inventent, les phrases se frôlent à la peau nue, les trahisons s'étreignent.
Ou du moins les amours d'été.
Ne sous-estimez pas leur empreinte, ni leur durée, ni leur force. La mer lave les convenances, emporte les carcans. Les amours d'été n'ont pas de limite.
L'été est la saison des jeux.

mardi 27 juin 2006

NOUVELLE LISTE D'ÉTÉ

En janvier j'avais établi cette liste.
Liste d'Eté

L'été a commencé, à en croire le calendrier et le thermomètre. Les journées s'étirent, la ville s'écrase de chaleur, les corps se plombent, le désir de sieste s'enracine, les maisons s'ombragent, les volets se referment sur de vagues secrets. Je n'aime pas vraiment l'été et ses torpeurs. J'aime les vacances, mais les miennes ne sont pas encore là.
Je suis, aujourd'hui, d'humeur chagrine, et portée aux bilans plus amers que doux.
Certains des voeux que je formulais cet hiver sont d'ores et déjà renvoyés au néant des possibles enfuis, des non-incarnés, des remis-à-un-futur-indéterminé.
Il en est ainsi par exemple de :
21. Ne pas avoir à conduire.
23. Déménager.
24. Faire une grande fête pour ma crémaillère.
25. Me préparer à un nouveau poste.
34. Assister à une fête du feu au solstice
35. ... plutôt que d'y corriger des copies
37. Voir, le 14 juillet, des feux d'artifice qui ressembleraient vraiment à ceux de Gandalf



D'autres semblent très compromis. Quelques-uns, trop rares, sont en bonne voie. Je lance un appel à ceux d'entre vous qui pourraient me procurer :
Une escapade dans le Grand Nord.
(2. Voir une aurore boréale.)
Des cours de langue conviviaux et stimulants...
(7. Apprendre une langue étrangère.)
Ou des leçons d'astronomie (avec travaux pratiques)
(13. Prendre des cours d'astronomie.)
Un indice sur la façon de...
(16. Découvrir un aliment inconnu.)
ou de...
(18. Mesurer une marée.)
Sans parler, bien sûr, de celui-là :
(26. Entrouvrir les voiles entre les mondes.)

Mais heureusement (vous remarquez? je ne puis m'empêcher de terminer sur une note optimiste...), il y avait ceci :
42. ... Trouver 59 autres idées de choses à faire cet été
Ajoutons, donc, sans craindre de tricher.

43. Rédiger un manuel de Défense contre les Forces du Mal
44. ... et bien sûr enseigner cette matière à de jeunes sorciers !
45. Porter le deuil d'un super-héros et organiser ses funérailles.
46. Acheter un corset (ou deux...).
47. Porter de merveilleux costumes.
48. Travailler avec enthousiasme et diligence aux &@#* articles que je dois, et les réussir mieux que les derniers en date.
49. Avoir des nouvelles de ceux qui me manquent ou me manqueront.
50. Trouver un Réceptacle-de-Glamour et l'offrir à celui qui se reconnaîtra.
51. Trouver la clef des cours secrètes de Venise.
52. Tant que j'y suis, faire aussi l'amour avec...
53. ... et/ou avec...
Heureusement, on peut toujours allonger les listes.

lundi 2 janvier 2006

QUESTIONS DU JOUR (3) : LISTE D'ÉTÉ

Nécessaire en cette rentrée, non tant pour l'été que pour les vacances.
Faites une liste de cent choses que vous voudriez faire cet été.
Cent, ça fait beaucoup. Mais j'essaie.
1. Aller en Ecosse.
2. Voir une aurore boréale.
3. Ecrire des nouvelles.
4. Ecrire un roman.
5. Faire l'amour avec...
6. Et/ou avec...
7. Apprendre une langue étrangère.
8. Jouer Héloïse.
9. Prendre un bain de minuit.
10. Passer une nuit blanche à discuter.
11. Passer une nuit blanche à écrire.
12. Passer une nuit blanche à aimer.
13. Prendre des cours d'astronomie.
14. Lire 3 livres par semaine (plus m'empêcherait de vivre).
15. Jeûner 3 jours.
16. Découvrir un aliment inconnu.
17. Naviguer.
18. Mesurer une marée.
19. Prendre l'avion.
20. Prendre le train.
21. Ne pas avoir à conduire.
22. Inventer un alphabet.
23. Déménager.
24. Faire une grande fête pour ma crémaillère.
25. Me préparer à un nouveau poste.
26. Entrouvrir les voiles entre les mondes.
27. Rencontrer un de mes écrivains favoris.
28. M'atteler, seule ou accompagnée, à une grande oeuvre trans-artistique.
29. Prendre le temps de rêver.
30. Me réconcilier avec...
31. Avoir enfin mon site internet.
32. Trouver du chocolat qui reste bon en été.
33. Ne pas reporter à demain...
34. Assister à une fête du feu au solstice
35. ... plutôt que d'y corriger des copies
36. Réaliser une salade de fruits géante.
37. Voir, le 14 juillet, des feux d'artifice qui ressembleraient vraiment à ceux de Gandalf
38. Organiser une grande séance de rattrapage cinématographique
39. Organiser une semaine jeux de rôle
40. Finir tous les textes que j'ai commencés
41. Finir tous les textes auxquels j'ai pensé mais que je n'ai jamais commencés
42. ... Trouver 59 autres idées de choses à faire cet été ?

D'ici là, je prends courage, et m'apprête à retourner au feu: la rentrée de janvier fut toujours l'une des plus décalées.