Et puis, bien sûr, cela retombe.
Et puis la colère se dissout.
Non pas qu'on oublie, mais cela s'éloigne. On y pense moins. Malgré nous, malgré tout, cela retombe.
Je savais qu'il en serait ainsi, je sais que c'est toujours ça, le pire.
La clef des tyrannies, le germe universel de la lâcheté.
Je le savais et cela ne change rien.
Je suis lasse, plus vraiment en colère.
Je reviens aux nuances, au quotidien, aux petites victoires et aux petites défaites.
Je cours le risque de recommencer, de faire comme si rien ne s'était passé.
Et c'est pire. Ça empire.
dimanche 22 janvier 2006
mercredi 18 janvier 2006
CHASSE AUX SORCIÈRES
Ca y est. Ca a commencé.
C'est affreusement difficile de s'en rendre compte, hors des pages d'un livre d'histoire, sans une voix off pour expliquer.
Mais ça y est. Je crois que ça y est.
La machine est enclanchée.
La France a basculé.
La chasse, et tous ses corollaires. Ceux qui disent Il y a du vrai dans ce qu'ils racontent, ceux qui commentent Ce n'est pas si grave, ne nous trompons pas de cause et même ceux qui, dans notre propre camp, leur donnent raison.
Il doit en être ainsi.
C'est comme ça que ça marche.
Grâce à nous -- à nos nuances -- à nos névroses -- à nos paresses. A nos aveuglements.
Mais regardez. Ca a commencé. Et nous ne le voyons pas. Il faudrait se battre. Et nous haussons les épaules, retournons à nos vies.
C'est maintenant.
Il est encore temps.
En marche.
Article du Figaro
C'est affreusement difficile de s'en rendre compte, hors des pages d'un livre d'histoire, sans une voix off pour expliquer.
Mais ça y est. Je crois que ça y est.
La machine est enclanchée.
La France a basculé.
La chasse, et tous ses corollaires. Ceux qui disent Il y a du vrai dans ce qu'ils racontent, ceux qui commentent Ce n'est pas si grave, ne nous trompons pas de cause et même ceux qui, dans notre propre camp, leur donnent raison.
Il doit en être ainsi.
C'est comme ça que ça marche.
Grâce à nous -- à nos nuances -- à nos névroses -- à nos paresses. A nos aveuglements.
Mais regardez. Ca a commencé. Et nous ne le voyons pas. Il faudrait se battre. Et nous haussons les épaules, retournons à nos vies.
C'est maintenant.
Il est encore temps.
En marche.
Article du Figaro
lundi 9 janvier 2006
QUESTIONS DU JOUR (9) : VACANCES, FÊTES & RITUELS
Noël est, de toutes, la plus précieuse. Je l'ai trop écrit ces temps-ci.
Mais Noël ne rythme pas mes années. Comme tout élève et tout enseignant, je compte en années scolaires, et ce sont les vacances d'été qui délimitent la charnière, le passage, le devoir et le risque des bilans.
Noël est magie. Noël, et l'hiver, cristallisent.
Changer d'année est le pénible contraire d'une cristallisation, et ne peut se faire qu'en été, au bout de ces journées trop longues qui ne laissent pas de répit, qui ne s'éteignent pas avant de vous avoir forcé la main, obligé à aller jusqu'au bout.
En été, où la chaleur nous contraint à ôter une à une les couches de vêtements qui nous protégeaient, les couches de mensonges, les voiles faciles sur nos corps et nos yeux.
En des vacances assez longues pour nous ôter à la fois le rythme routinier du travail et l'occupation frénétique des premiers jours de liberté. Assez longues pour que la liberté prenne sa vraie couleur qui est celle du choix.
Mais Noël ne rythme pas mes années. Comme tout élève et tout enseignant, je compte en années scolaires, et ce sont les vacances d'été qui délimitent la charnière, le passage, le devoir et le risque des bilans.
Noël est magie. Noël, et l'hiver, cristallisent.
Changer d'année est le pénible contraire d'une cristallisation, et ne peut se faire qu'en été, au bout de ces journées trop longues qui ne laissent pas de répit, qui ne s'éteignent pas avant de vous avoir forcé la main, obligé à aller jusqu'au bout.
En été, où la chaleur nous contraint à ôter une à une les couches de vêtements qui nous protégeaient, les couches de mensonges, les voiles faciles sur nos corps et nos yeux.
En des vacances assez longues pour nous ôter à la fois le rythme routinier du travail et l'occupation frénétique des premiers jours de liberté. Assez longues pour que la liberté prenne sa vraie couleur qui est celle du choix.
dimanche 8 janvier 2006
QUESTIONS DU JOUR (8) : OMBRES
Ce n'est pas la nuit
Qui souffle les chandelles
Ce n'est pas la nuit
Qui libère les spectres
Et fait pleurer les hommes
Qui ne savent pas voir
Derrière les étoiles...
Ce n'est pas la nuit. Ces ténèbres-là, je ne les ai jamais craintes. Au contraire, car la nuit donne plus d'éclat à la lumière, lui rend sa magie comme elle me rend la mienne.
La nuit rend au ciel sa splendeur d'écrin, sa profondeur d'univers. La nuit rend aux lueurs des maisons, des voitures et des villes, leur vraie nature de phare et de havre. La nuit rend à la terre son souffle secret, au silence sa voix, à l'esprit la place suffisante pour étendre ses ailes.
Je ne la crains pas, et l'aime, et la reconnais. La nuit est un espace plus vaste que la journée, un domaine plus libre, un langage plus secret.
Les vraies ténèbres sont une tout autre chose. Elles sont bien pires sous le soleil, suintant discrètement, profitant de notre propension à les nier pour avancer et croître et se reproduire. Et nous vaincre.
C'est dans la nuit que brille plus fort la lumière. C'est dans la nuit que nous sommes plus forts face aux ténèbres, parce que nous ne sommes plus distraits par les bruits et les couleurs et les gens qui nous aident à oublier. Dans la nuit ne demeure que ce qui importe vraiment: les étoiles du monde et notre propre coeur. Les seules armes qui vaillent face aux ténèbres.
Les enfants de la nuit et des étoiles savent qu'il ne faut pas nier les ténèbres.
Savent formuler le secret qui ne suffit pas à la victoire mais qui en est la seule clef possible: il faut aimer les ténèbres pour les combattre, il faut trouver des ténèbres à aimer, il faut, pour chaque combattant de la lumière, une ténèbre à aimer -- sans quoi c'est le feu qui se lève à la place des étoiles, dévorant le monde, mettant fin au jour, et à la nuit, et aux ténèbres et à la lumière. Seulement le feu.
Mais cela ne suffit pas.
Rien ne suffit, ni l'amour, ni les étoiles, ni les coeurs, ni les esprits, ni la lutte.
Rien ne suffit, mais dans la nuit se dessine le chemin.
Qui souffle les chandelles
Ce n'est pas la nuit
Qui libère les spectres
Et fait pleurer les hommes
Qui ne savent pas voir
Derrière les étoiles...
Ce n'est pas la nuit. Ces ténèbres-là, je ne les ai jamais craintes. Au contraire, car la nuit donne plus d'éclat à la lumière, lui rend sa magie comme elle me rend la mienne.
La nuit rend au ciel sa splendeur d'écrin, sa profondeur d'univers. La nuit rend aux lueurs des maisons, des voitures et des villes, leur vraie nature de phare et de havre. La nuit rend à la terre son souffle secret, au silence sa voix, à l'esprit la place suffisante pour étendre ses ailes.
Je ne la crains pas, et l'aime, et la reconnais. La nuit est un espace plus vaste que la journée, un domaine plus libre, un langage plus secret.
Les vraies ténèbres sont une tout autre chose. Elles sont bien pires sous le soleil, suintant discrètement, profitant de notre propension à les nier pour avancer et croître et se reproduire. Et nous vaincre.
C'est dans la nuit que brille plus fort la lumière. C'est dans la nuit que nous sommes plus forts face aux ténèbres, parce que nous ne sommes plus distraits par les bruits et les couleurs et les gens qui nous aident à oublier. Dans la nuit ne demeure que ce qui importe vraiment: les étoiles du monde et notre propre coeur. Les seules armes qui vaillent face aux ténèbres.
Les enfants de la nuit et des étoiles savent qu'il ne faut pas nier les ténèbres.
Savent formuler le secret qui ne suffit pas à la victoire mais qui en est la seule clef possible: il faut aimer les ténèbres pour les combattre, il faut trouver des ténèbres à aimer, il faut, pour chaque combattant de la lumière, une ténèbre à aimer -- sans quoi c'est le feu qui se lève à la place des étoiles, dévorant le monde, mettant fin au jour, et à la nuit, et aux ténèbres et à la lumière. Seulement le feu.
Mais cela ne suffit pas.
Rien ne suffit, ni l'amour, ni les étoiles, ni les coeurs, ni les esprits, ni la lutte.
Rien ne suffit, mais dans la nuit se dessine le chemin.
samedi 7 janvier 2006
QUESTIONS DU JOUR (7) : MER
Qu'est pour vous la mer?
Ils se parlent comme ils ne s’étaient pas parlé depuis longtemps. Et parce que le monde autour d’eux est tout de mer d’étoiles et de roc, leurs mots à eux qui ont hérité tous deux le sang des bardes vont plus loin peut-être que jamais.
Setanta qui n’aime guère tourner ses yeux vers l’océan le regarde quand même cette fois, car le danger que portent les vagues est moins incontrôlable que celui du visage d’Aoifa. Et il parle, avec les accents de la tristesse qui pèse sur lui depuis la veille.
« La terre d’Ulster est dans mon cœur et dans mon sang, et cependant mon âme est comme l’eau des rivières, insaisissable et folle. Inutile.
— Ton âme est comme la mer, répond Aoifa, elle nous appelle et nous fascine, et nous porte les songes de l’avenir. »
Setanta sourit, si amèrement : « La mer fascine parce qu’elle est sans contrôle et sans but. Son charme n’est qu’un pis-aller. Au fond de leur cœur les hommes la craignent. »
Aoifa s’est redressée et comme toujours la brise s’est levée avec elle et joue dans ses cheveux. Et Setanta peut la regarder, à présent, presque sans souffrir. « Le vent n’a pas à craindre la mer, petit oiseau. Elle ne peut rien contre lui. »
Aoifa lui fait face, gravement : « Le vent ne craint pas la mer. Il l’aime et la caresse. Je ne crains pas la mer. Elle chante à mon oreille avec la voix même des dieux. Elle me porte, me soulève au-dessus du monde, me redonne force et joie.
— La mer ne peut que rêver du vent, certaines nuits. Pas davantage. »
Pas davantage. Et ils se taisent, parce qu’ils ont dit vraiment tout ce qu’il était possible de dire, pour l’instant. Et bien sûr Setanta ne la prend pas dans ses bras. Personne n’embrasse le vent.
©"Le chemin de pierres", in L'Esprit des Bardes, Nestiveqnen
Ce n'est, bien sûr, qu'une des réponses possibles. J'aurais pu dire aussi :
J’aime le vent. J’ai vingt ans. Oh, comme j’aime le vent ! J’ai vingt ans et je suis Alba, Alba la Rouge. Et le vent tourbillonne sur moi sans me faire de mal. Je suis Alba. Et c’est à ce moment que l’on crie : tu peux descendre, Dieu, tu peux venir tout de suite sur cette plage, je ne jurerais pas que tu puisses faire taire mon rire. Et toi non plus, Orville. Je suis Alba la Rouge, dans la tempête. Même sans toi.
C’est une plaisanterie. Mais vraiment j’aime tant le vent, et je pourrais — avaler le monde, et Dieu, et Orville tout entière, la cerise sur le gâteau. Avec ce vent et cette mer je crois que que je pourrais les vaincre tous. Même toi, Ludwig d’Orville.
Rappelez-moi tout ça, la nuit, au milieu d’eux, sur les quais du Queen’s Bar. Rappelez-moi le vent, la mer et la pluie, et cette grande force qui me donne mieux que des ailes. Je vais rentrer et vous composer une musique qui s’appellera “The Open Sea”, l’anglais dit plus que nous cette fois, le large qui a oublié qu’il pouvait être l’élargissement, libération des forçats. Alors ce sera the open sea, la mer ouverte sous la tempête.
© "The Open Sea (La Mer Ouverte)", in Le Dit d'Orville.
Ils se parlent comme ils ne s’étaient pas parlé depuis longtemps. Et parce que le monde autour d’eux est tout de mer d’étoiles et de roc, leurs mots à eux qui ont hérité tous deux le sang des bardes vont plus loin peut-être que jamais.
Setanta qui n’aime guère tourner ses yeux vers l’océan le regarde quand même cette fois, car le danger que portent les vagues est moins incontrôlable que celui du visage d’Aoifa. Et il parle, avec les accents de la tristesse qui pèse sur lui depuis la veille.
« La terre d’Ulster est dans mon cœur et dans mon sang, et cependant mon âme est comme l’eau des rivières, insaisissable et folle. Inutile.
— Ton âme est comme la mer, répond Aoifa, elle nous appelle et nous fascine, et nous porte les songes de l’avenir. »
Setanta sourit, si amèrement : « La mer fascine parce qu’elle est sans contrôle et sans but. Son charme n’est qu’un pis-aller. Au fond de leur cœur les hommes la craignent. »
Aoifa s’est redressée et comme toujours la brise s’est levée avec elle et joue dans ses cheveux. Et Setanta peut la regarder, à présent, presque sans souffrir. « Le vent n’a pas à craindre la mer, petit oiseau. Elle ne peut rien contre lui. »
Aoifa lui fait face, gravement : « Le vent ne craint pas la mer. Il l’aime et la caresse. Je ne crains pas la mer. Elle chante à mon oreille avec la voix même des dieux. Elle me porte, me soulève au-dessus du monde, me redonne force et joie.
— La mer ne peut que rêver du vent, certaines nuits. Pas davantage. »
Pas davantage. Et ils se taisent, parce qu’ils ont dit vraiment tout ce qu’il était possible de dire, pour l’instant. Et bien sûr Setanta ne la prend pas dans ses bras. Personne n’embrasse le vent.
©"Le chemin de pierres", in L'Esprit des Bardes, Nestiveqnen
Ce n'est, bien sûr, qu'une des réponses possibles. J'aurais pu dire aussi :
J’aime le vent. J’ai vingt ans. Oh, comme j’aime le vent ! J’ai vingt ans et je suis Alba, Alba la Rouge. Et le vent tourbillonne sur moi sans me faire de mal. Je suis Alba. Et c’est à ce moment que l’on crie : tu peux descendre, Dieu, tu peux venir tout de suite sur cette plage, je ne jurerais pas que tu puisses faire taire mon rire. Et toi non plus, Orville. Je suis Alba la Rouge, dans la tempête. Même sans toi.
C’est une plaisanterie. Mais vraiment j’aime tant le vent, et je pourrais — avaler le monde, et Dieu, et Orville tout entière, la cerise sur le gâteau. Avec ce vent et cette mer je crois que que je pourrais les vaincre tous. Même toi, Ludwig d’Orville.
Rappelez-moi tout ça, la nuit, au milieu d’eux, sur les quais du Queen’s Bar. Rappelez-moi le vent, la mer et la pluie, et cette grande force qui me donne mieux que des ailes. Je vais rentrer et vous composer une musique qui s’appellera “The Open Sea”, l’anglais dit plus que nous cette fois, le large qui a oublié qu’il pouvait être l’élargissement, libération des forçats. Alors ce sera the open sea, la mer ouverte sous la tempête.
© "The Open Sea (La Mer Ouverte)", in Le Dit d'Orville.
jeudi 5 janvier 2006
UESTIONS DU JOUR (6) : MOTS
Qu'avez-vous écrit dans les marges de vos livres? Que ressentez-vous le besoin de gribouiller pendant la lecture?
Je gribouille tant. J'aime les marges. Celles de mes livres sont comme des marginalia médiévales, envahies de notes, de ponctuation, d'esquisses parfois. Ceux qui vénèrent le livre comme objet (et parmi eux il y a quelques-uns de mes très aimés), ceux-là ont oublié le sens et l'histoire des livres. Un livre est une interface, un passage, un échange, un journal, un lieu de traces. S'il faut vénérer une magie du livre elle est dans les mots, et le miracle de leur effet sur notre coeur et notre esprit.
Les mots devraient être un peu plus sauvages, puisqu'ils sont l'assaut des pensées sur l'impensable. (John Maynard Keynes) Quels sont vos mots sauvages?
Dans la nuit ils marchent. Cinq Seigneurs ténébreux qui arpentent la terre depuis les temps où elle était plate. Le Mal, La Mort, La Folie, Le Destin, L'Amour. Et ils sont mes mots sauvages, à jamais.
Dans la nuit entre les mondes, dans les lieux qui ouvrent sur tous les univers, ils se tiennent. Sept Seigneurs qui n'ont pas de fin, qui changeront peut-être, mourront peut-être, mais existeront jusqu'à ce que la dernière étoile s'éteigne, jusqu'à ce que s'éteigne en nous le dernier écho de leurs noms. Le Destin, La Mort, Le Rêve, La Destruction, Le Désir, Le Désespoir, Le Délire. Et tous les noms sauvages de la nuit.
Car c'est toujours dans la Nuit que marchent nos mots sauvages.
Tant il est vrai (qu'Antigone incarne) "l'amour comme étranger à la condition humaine, ressortissant à la part de la Nuit qui est la part des dieux... Elle représente le rappel d'un espoir infime, rappel que la pensée de Créon a complètement occulté en nous : le fait que l'homme ne s'appartient pas, que son sens n'est pas le Sens, que le sens humain prend fin dès lors qu'on aborde à la rive de la Nuit, et que la Nuit n'est pas un néant, mais appartient à ce qui est au sens propre du terme... La nuit est l'ouverture à ce qui ébranle"
Jan Patocka, Platon et l'Europe
Je gribouille tant. J'aime les marges. Celles de mes livres sont comme des marginalia médiévales, envahies de notes, de ponctuation, d'esquisses parfois. Ceux qui vénèrent le livre comme objet (et parmi eux il y a quelques-uns de mes très aimés), ceux-là ont oublié le sens et l'histoire des livres. Un livre est une interface, un passage, un échange, un journal, un lieu de traces. S'il faut vénérer une magie du livre elle est dans les mots, et le miracle de leur effet sur notre coeur et notre esprit.
Les mots devraient être un peu plus sauvages, puisqu'ils sont l'assaut des pensées sur l'impensable. (John Maynard Keynes) Quels sont vos mots sauvages?
Dans la nuit ils marchent. Cinq Seigneurs ténébreux qui arpentent la terre depuis les temps où elle était plate. Le Mal, La Mort, La Folie, Le Destin, L'Amour. Et ils sont mes mots sauvages, à jamais.
Dans la nuit entre les mondes, dans les lieux qui ouvrent sur tous les univers, ils se tiennent. Sept Seigneurs qui n'ont pas de fin, qui changeront peut-être, mourront peut-être, mais existeront jusqu'à ce que la dernière étoile s'éteigne, jusqu'à ce que s'éteigne en nous le dernier écho de leurs noms. Le Destin, La Mort, Le Rêve, La Destruction, Le Désir, Le Désespoir, Le Délire. Et tous les noms sauvages de la nuit.
Car c'est toujours dans la Nuit que marchent nos mots sauvages.
Tant il est vrai (qu'Antigone incarne) "l'amour comme étranger à la condition humaine, ressortissant à la part de la Nuit qui est la part des dieux... Elle représente le rappel d'un espoir infime, rappel que la pensée de Créon a complètement occulté en nous : le fait que l'homme ne s'appartient pas, que son sens n'est pas le Sens, que le sens humain prend fin dès lors qu'on aborde à la rive de la Nuit, et que la Nuit n'est pas un néant, mais appartient à ce qui est au sens propre du terme... La nuit est l'ouverture à ce qui ébranle"
Jan Patocka, Platon et l'Europe
mercredi 4 janvier 2006
QUESTION DU JOUR (5) : AUJOURD'HUI
Ce dont je veux me rappeler à propos d'aujourd'hui...
Que "L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes." (Aimé Césaire) et des multiples pistes qu'ouvre cette phrase.
De la sorcière du parking.
De la Loi de Créativité Maximale.
Du Grand Oeuvre entrevu en rêve.
Des souvenirs de l'Hexaconte.
Que la Loi de Murphy a des exceptions.
Qu'il faudrait établir chaque jour cette liste intérieure, je me le suis souvent dit.
Que "L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes." (Aimé Césaire) et des multiples pistes qu'ouvre cette phrase.
De la sorcière du parking.
De la Loi de Créativité Maximale.
Du Grand Oeuvre entrevu en rêve.
Des souvenirs de l'Hexaconte.
Que la Loi de Murphy a des exceptions.
Qu'il faudrait établir chaque jour cette liste intérieure, je me le suis souvent dit.
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