Demain, je retourne travailler. Bien sûr, j'ai travaillé aussi ces derniers mois, à la maison, chaque fois que je le pouvais, chaque fois que les enfants dormaient (pour Beau-Dodu: peu) ou qu'une grand-mère les emmenait en promenade.
Mais demain, c'est la rentrée, la vraie, avec des élèves, des cours à assurer, des copies à corriger, un emploi du temps.
Je n'en suis pas triste.
De même que ces mois de congé parental n'ont pas été de tout repos, comme chaque jeune parent le sait.
Pourtant, étrangement, ce furent des mois de grand bonheur.
Ne vous scandalisez pas que ce soit étrange.
Si on m'avait demandé ce qu'était le bonheur, il y a quelques années, ce n'est sûrement pas ce que j'aurais décrit. J'aurais parlé de lectures et d'écriture, de créations en tous genres, de voyages, de passion, de jeux.
Et sûrement pas de couches à changer, de réveils à des heures indécentes, de discussions avec d'autres mamans à la sortie de l'école, ni des hurlements du Petit Magicien à la moindre écorchure.
Ne dites pas : "mais tout change quand on devient parent."
Après la naissance du Petit Magicien, j'avais pris les mêmes six mois de congé, que je ne regrette pas, mais je m'étais sentie débordée plus qu'heureuse.
Cette fois... Je ne sais pas. Beau-Dodu n'est pas un bébé plus "facile", surtout en ce moment, et l'harmonie entre eux n'est pas, hum, idéale.
("Mamaaaaan ! — Qu'est-ce qu'il y a mon chéri ? — Il se déplace ! — C'est bien, chéri, laisse le faire tant qu'il ne pleure pas. — Mais il touche mon pouf ! Je veux pas qu'il le touche !")
Vraiment, je ne sais pas.
Je sais que chaque semaine et presque chaque jour je me suis émerveillée de ce bonheur. De ce temps passé avec eux. Des petits corps chauds blottis contre moi.
Pas l'absence de rythme et sûrement pas l'absence de contrainte, je ne connais rien de plus rythmé ni de plus contraignant que la vie avec des jeunes enfants, mais un rythme différent. Ne pas me poser de question si certains jours étaient difficiles, si je ne pouvais rien faire d'autre que m'occuper d'eux. Non que cela rende ces moments moins difficiles, mais du moins je n'avais pas à m'inquiéter du reste, des cours non préparés, des copies non corrigées, des mails-boulot auxquels répondre.
Pas non plus l'absence d'engagement ni le retrait hors du monde. Au contraire. L'articulation entre le très-vaste de la planète et le très-intime de la famille, comme une respiration.
Mais l'absence d'invasion extérieure, peut-être. Un bonheur de minuscule démiurge dans un royaume très agité mais très aimé.
Ce bonheur, je l'ai ressenti surtout dans les trajets en poussette pour aller chercher le Petit Magicien à l'école, l'aller seule avec le bébé, à me repaître du paysage, du calme, de la paix en moi, de la paix de notre région, de ma chance.
De la simplicité du bonheur. De son évidence. De cet état de grâce très différent de celui de l'amour-amoureux.
Je ne sais toujours pas.
Je ne sais pas non plus ce que seront les semaines et mois à venir.
Mais je sais que pour la première fois, j'ai rêvé que ces mois durent toujours, que je les revive encore et encore.
Et jamais, jamais, je n'aurais cru que mon bonheur ait ces couleurs.
(encore un cross-post avec la Maman des Magiciens, puisque.)
Affichage des articles dont le libellé est congé parental. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est congé parental. Afficher tous les articles
dimanche 31 août 2014
dimanche 6 avril 2014
Les (Autres) Métiers que je Pourrais Exercer
Parce que le congé parental est un moment où on se pose de
telles questions.
Le reste du temps, on a le nez dans le guidon, on avance, au
jour le jour, pas le temps de se demander si c’est ce qu’il nous faut.
Mais comme la première fois, en ces six mois où je ne suis
plus au lycée, je m’interroge, j’interroge ce qui en moi n’en finit pas de
bouillonner.
Voici donc une liste incomplète et circonstancielle de ce
que je pourrais faire si je n’étais pas prof de lycée.
Maître de conférences (enseigner à l’université, quoi)
Surtout depuis qu’on y enseigne des choses amusantes comme
Tolkien et autres fantasy. Ce
regret-là restera peut-être : ne pas avoir eu le courage de travailler sur
ce qui me passionnait et qui était si mal vu dans les universités françaises au
temps où je passais l’agreg, ne pas avoir fait de doctorat. J’enseignerais la
fantasy, donc, et les réécritures arthuriennes (pas toutes de fantasy,
d’ailleurs) et les réécritures de mythes et de contes.
Professeur de Défense Contre les Forces du Mal
Je le disais déjà ici. Je n’ai pas changé d’avis. Ces deux premiers métiers montrent bien que l’enseignement
me convient, remarquez.
Chef de Projets Transmedia
Pas seulement parce que je viens de suivre le MOOC
Comprendre le Transmedia Storytelling.
Parce que j’aime construire des projets, les faire avancer, coordonner un
effort d’équipe, et parce que le transmédia, je l’ai dit ici,
m’a fascinée avant que je n’en connaisse le nom. J’adorerais créer ainsi, entre
fiction et réalité, entre écriture et scénario.
Variante du précédent : Conceptrice de Serious Games.
Même que j’en ai sur le feu…
Là encore, c’est un domaine auquel je crois profondément et
j’ai une partie des compétences nécessaires : pédagogiques d’une part,
ludiques de l’autre. Après tout, j’ai été et suis encore rôliste, et en
particulier MJ concevant et faisant jouer ses propres campagnes. Je n’avais
jamais pensé croiser ces compétences et celles que j’ai acquises en enseignant,
et voilà que c’est possible.
Ecrivain
C’est mon métier de rêve depuis l’enfance. Et j’ai écrit, un
peu, publié, un peu. Des nouvelles. Pas un seul roman. Je n’y crois plus vraiment, à ma capacité
de devenir écrivain. Je ne suis pas assez disciplinée pour m’astreindre à
écrire chaque jour, dans quelque condition que ce soit, et c’est pourtant la
seule façon d’y parvenir. Je l’ai compris un peu tard.
Femme Politique
Là encore, ce n’est pas un appel si nouveau, puisque j’ai
étudié à l’IEP d’Aix en Provence. Je n’ai pas fait les sacrifices nécessaires
et j’ai préféré d’autres voies, mais j’aime encore la parole publique, la
rhétorique, la stratégie, je crois encore aux grands enjeux, aux grandes
valeurs, à l’importance de ces engagements-là, à l’importance du politique.
Journaliste Radio
Bien sûr je pourrais être journaliste-rédactrice. Mais la
radio, c’est autre chose. Ceux qui me connaissent, ceux qui me connaissent
vraiment très bien, savent l’importance que j’accorde à la voix, combien j’aime
lire et dire à haute voix. Le journalisme radio est donc pour moi une merveille
particulière. Je n’animerai jamais d’émission sur France Culture (hélas) mais
je ne désespère pas de monter une webradio au lycée, un jour ou l’autre).
Je pourrais.
J’ai énuméré ici des alternatives réalistes, pas
Astrophysicienne ni Super-Héroïne (j’aimerais aussi).
Mais, c’est étrange, je suis plus sereine que la dernière
fois. Aucun de ces regrets n’est assez vif pour me blesser.
La preuve : je suis en train de construire des projets
scolaires pour 2014-2015.
Inscription à :
Articles (Atom)