mardi 30 octobre 2007

DES GUERRES QUI N'EN FINISSENT PAS

J'ai failli titrer cette note "Conversion".
Parce qu'en écoutant les informations, dimanche soir, j'ai eu cette pulsion-là, vaguement absurde pour l'agnostique que je suis : me convertir, symboliquement, abandonner la confession qui s'est choisi un tel pape, glorifiant les "martyrs" franquistes.
Car même agnostique, je suis catholique.
D'éducation, de sensibilité.
Et mes révoltes ont soif de symboles.
J'aurais abandonné le catholicisme comme j'avais envisagé de renoncer à l'agrégation, une certaine année, si un certain président était élu.

Je reste révoltée. J'ai trop lu et trop vu la guerre d'Espagne pour ne pas l'être.
Mais ce n'est pas seulement une question de conversion.
C'est celle des guerres qui n'en finissent pas de finir, des plaies qui n'en finissent pas de se rouvrir, des aveux de culpabilité qu'aucun pays n'ose prononcer à temps, des mea culpa que personne ne fait.

Je pense, tout de même, à Pablo Neruda. À Federico fusillé. À Machado, qui dort à Collioure.

Pourquoi ne pas se demander ce qui en eux a suscité la haine des républicains? Pourquoi régler si aisément la question en criant à l'anti-cléricalisme primaire? Etaient-ils fous, tous, tous, les républicains espagnols? Je veux bien pleurer sur les prêtres assassinés comme sur les autres victimes de la guerre, mais qu'ils se posent la question, tout de même. Quand on éveille la haine d'un si grand nombre, n'y a-t-il pas, peut-être, quelques raisons?

Et je pense à Pablo Neruda.
Mais je suis lasse, et je nuance.

Dans Le Monde :



Et puis :
Article plus nuancé (forcément) de La Croix

2 commentaires:

Erylis a dit…

Juste un petit commentaire parce qu'en ce moment je suis en plene guerre d'espagne. Etude de la période franquiste, et qu'en littérature espagnole, Neruda (Residencia en la tierra) et Lorca (La Casa de Bernarda Alba) font un peu mon quotidien. Cela me fait drôle de voir que chaque chose que je vois en cours m'est rappelé en dehors. Juste une question : avez vous reçu mon mail ou me serais je trompé d'adresse?
En esperat que vos vacances se soient bien déroulées.
Alexandra

Alba a dit…

Merci, Erylis !
Je viens de répondre à ton mail, honteusement en retard.
Je ne l'ai pas écrit dans cette note, mais c'est un fait : l'Espagne et ses guerres me font aussi penser à vous.