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mardi 24 février 2009

DEUX HISTOIRES

et deux mille milliards de possibles
et des rêves
et des bibliothèques
(et la Bibliothèque du Rêve et du cher Lucien)
et des anthologies, qui sait ?

Il se dit aussi que les hommes, au cours des âges, ont toujours répété deux histoires : celle d'un navire perdu qui cherche à travers les flots méditerranéens une île bien-aimée, et celle d'un dieu qui se fait crucifier sur le Golgotha.
— Jorge Luis Borges, "L'Evangile selon Marc"



Je n'ai même pas inventé le titre.
J'aurais pu.
D'abord, parce que cela aurait été amusant.
Ensuite, parce que s'il est un homme à souhaiter qu'on invente des livres imaginaires et les cite solennellement, c'est bien Borges.

Je n'ai pas inventé le titre, mais j'ai écrit l'une de ces histoires-là.
C'est une nouvelle que j'espère avoir l'occasion de publier un jour, et qui commence ainsi :
Je navigue pour trouver un jardin. Il m’arrive même, au plus fort d’une tempête, de pousser la folie jusqu’à souhaiter le naufrage — puisque c’est ainsi que mon père a échoué dans le jardin. Mais il faut croire qu’une bonne étoile veille sur moi, car je n’ai jamais fait naufrage. Ni trouvé le jardin.


Oh, bien sûr, elles sont terriblement méditerrannéennes ces deux histoires-là. Terriblement connotées aux deux sources de notre Occident.
N'empêche.

En avez-vous écrit aussi, de ces histoires ?
Je rêve, d'avance, de les lire.

jeudi 22 novembre 2007

LES PORTES (11) : PORTE DE LA RÉVÉLATION


Une suite de textes écrits et structurés à partir de la série de tableaux "Les Portes" peints par Chris Bourgue

La vérité se plie et se replie. C’est toute une affaire de déballer son cadeau empoisonné. De déballer le cadeau pour vérifier qu’on peut s’en réjouir.
La vérité a le vert des sapins et le carmin des pommes brillantes.
Et tellement de couches qu’on n’est jamais sûr d’atteindre la dernière, qu’on finit par se demander s’il y en a une dernière. Et si on grattait la peinture, soulevait la toile, ne serait-on pas plus près du secret, au pied du mur ?
Sous le dernier pli brille la lumière. Juste une flèche indiquant la sortie. La révélation est une porte.

Vous pouvez cliquer sur les tableaux pour les voir en plus grand…

mardi 30 octobre 2007

DES GUERRES QUI N'EN FINISSENT PAS

J'ai failli titrer cette note "Conversion".
Parce qu'en écoutant les informations, dimanche soir, j'ai eu cette pulsion-là, vaguement absurde pour l'agnostique que je suis : me convertir, symboliquement, abandonner la confession qui s'est choisi un tel pape, glorifiant les "martyrs" franquistes.
Car même agnostique, je suis catholique.
D'éducation, de sensibilité.
Et mes révoltes ont soif de symboles.
J'aurais abandonné le catholicisme comme j'avais envisagé de renoncer à l'agrégation, une certaine année, si un certain président était élu.

Je reste révoltée. J'ai trop lu et trop vu la guerre d'Espagne pour ne pas l'être.
Mais ce n'est pas seulement une question de conversion.
C'est celle des guerres qui n'en finissent pas de finir, des plaies qui n'en finissent pas de se rouvrir, des aveux de culpabilité qu'aucun pays n'ose prononcer à temps, des mea culpa que personne ne fait.

Je pense, tout de même, à Pablo Neruda. À Federico fusillé. À Machado, qui dort à Collioure.

Pourquoi ne pas se demander ce qui en eux a suscité la haine des républicains? Pourquoi régler si aisément la question en criant à l'anti-cléricalisme primaire? Etaient-ils fous, tous, tous, les républicains espagnols? Je veux bien pleurer sur les prêtres assassinés comme sur les autres victimes de la guerre, mais qu'ils se posent la question, tout de même. Quand on éveille la haine d'un si grand nombre, n'y a-t-il pas, peut-être, quelques raisons?

Et je pense à Pablo Neruda.
Mais je suis lasse, et je nuance.

Dans Le Monde :



Et puis :
Article plus nuancé (forcément) de La Croix